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Eh non, ce n’est pas une histoire de sexe. Un coït parfait en contient, il est vrai, mais il serait réducteur de qualifier ce roman ainsi. Pas péjoratif, entendons-nous bien ; seulement réducteur. C’est en lisant le résumé que je m’en suis rendu compte. J’ai commencé ma lecture avec curiosité et, après un premier chapitre qui m’a laissé peut-être un peu mitigé, j’ai poursuivi. La curiosité était toujours là. Et les chapitres suivants m’ont prouvé que j’avais eu raison d’insister !

Un coït parfait, c’est l’histoire de Marley et de Nia. La première partage sa vie entre la musique, sa famille dispersée et, depuis son retour de l’Hexagone à sa Martinique natale, ses ami-es plus ou moins proches. La seconde, éditrice renommée mais femme que la vie a déçue, songe à quitter ce monde où rien ne semble la retenir. Chacune a sa vie, ses problématiques, son rapport au monde. Vous voyez où l’on veut en venir : les deux femmes vont se rencontrer, ce qui va remettre pas mal de choses en question. Pitch classique ? Oui.

Mais Un coït parfait ne prétend pas être autre chose qu’une romance avec les codes auxquels on s’attend. L’autrice elle-même qualifie cette histoire de « sans prétention ». Ce roman n’a pourtant pas l’air d’être écrit « par-dessus la jambe ». Déjà parce que c’est une bonne romance, avec des psychologies profondes et travaillées. Ensuite parce qu’Un coït parfait est aussi riche que sincère. Eh oui, même quand iels écrivent pour se détendre, se défouler, bref sans autre but que de distraire ou apaiser leur cerveau, les écrivain-es aiment bien faire les choses. (J’en parlerai plus précisément un jour.)

Vous vous souvenez de ce que je disais sur Moloch ?

C’est le type d’œuvre qui vous donne envie de vous exprimer à votre tour, pleinement, et de faire confiance à votre propre voix d’artiste.

J’ai éprouvé la même chose avec Un coït parfait. On sent, par le côté brut du roman, qu’il s’agit de l’expression d’émotions à l’état presque pur. Pourtant, la plume de Réjane Pacquit coule comme du miel sur vos neurones. Loin d’être simpliste, elle est véritablement belle, authentique, parfois drôle et souvent instructive. On retiendra d’ailleurs les multiples réflexions philosophiques des personnages qui viennent enrichir leur psychologie – surtout celles de Nia, en réalité. Nia est en effet un personnage mélancolique dont on peut associer l’état mental à une dépression, ce qui m’a inévitablement parlé.

Un coït parfait explore aussi des thèmes comme l’amitié, les non-dits, bref cette histoire nous parle des relations humaines. Et elle en parle très bien. Les héroïnes principales sont elles-mêmes bourrées de défauts et de contradictions, et de manière générale, tous les personnages sont complexes et intéressants comme on aime. C’est du slice of life, si l’on peut dire, dans ce que le genre peut offrir de mieux. Si on parle de la vie, on parle de la façon dont les gens fonctionnent. Mais c’est peut-être seulement ma passion pour la psychologie des personnages qui parle.

Et sinon, pourquoi ce curieux titre ? « Un coït parfait », je l’ai dit, ça attire l’attention sur une couverture. Si au fil de la lecture, le titre trouve sa signification, que je ne vous dévoilerai pas pour ne pas spoiler, j’y ai aussi vu, personnellement, une forme d’ironie. Je pense notamment aux rapports déséquilibrés que les héroïnes entretiennent avec leur entourage, en particulier leurs relations basées sur la séduction qui ne leur apportent finalement pas grand-chose, ou leur compliquent la vie. Ce que leur entourage ressent également, d’ailleurs. C’est compliqué, les relations.

C’est la deuxième fois que je chronique un livre en m’interrogeant sur ma légitimité à le faire. Mes mots me semblent bancals, maladroits ou superflus. Je conclurai donc ici, en vous disant qu’Un coït parfait vaut très largement le détour. Il s’agit de l’une de mes meilleures découvertes récentes et j’attends chaque nouveau chapitre (un samedi sur deux) avec impatience. J’ai dû lire les dix premiers chapitres d’une traite, alors déjà publiés, avant d’apprendre que j’allais devoir attendre une semaine pour lire la suite ! Impatience de lae lecteurice, quand tu nous tiens.

Oh, et à titre d’information : Réjane Pacquit est la sensitivity reader qui m’aide sur Les Hurlements noyés ! Oui, parce qu’elle est aussi assistante éditoriale. Et illustratrice, si jamais. Je vous renvoie à ses réseaux sociaux en fin d’article pour que vous puissiez aussi bien la lire, que la contacter pour vous aider dans votre processus de publication ! Si vous écrivez, évidemment. Mais je sais que des auteurices me suivent ! 😉

Vivez, contemplez, suivez votre curiosité. Elle vous mènera vers des découvertes aussi belles qu’Un coït parfait l’a été pour moi.

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Photo by Guilherme Stecanella on Unsplash


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