Malone Silence https://malonesilence.com/ Histoires hantées Sun, 12 Jul 2026 11:36:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://i0.wp.com/malonesilence.com/wp-content/uploads/2021/02/logo-site.jpg?fit=32%2C32&ssl=1 Malone Silence https://malonesilence.com/ 32 32 188410031 Silent Hill, Maria, et ce qui naît de l’imaginaire https://malonesilence.com/silent-hill-maria-sheffield-stanley https://malonesilence.com/silent-hill-maria-sheffield-stanley#respond Sat, 11 Jul 2026 23:38:23 +0000 https://malonesilence.com/?p=5083 Mon premier brouillon d’article sur Maria, le meilleur personnage de toute la saga Silent Hill (oui, absolument), date de 2023. Et ça fait un sacré moment que je vous tease ça. Mais vous savez ce que c’est : pas le bon angle, pas les meilleures idées, pas le courage non […]

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Mon premier brouillon d’article sur Maria, le meilleur personnage de toute la saga Silent Hill (oui, absolument), date de 2023. Et ça fait un sacré moment que je vous tease ça. Mais vous savez ce que c’est : pas le bon angle, pas les meilleures idées, pas le courage non plus, parfois. Finalement, j’ignore si cet article sera l’unique sur Silent Hill, Maria, et l’importance de cet univers pour l’auteur que je suis. Tout ce que je sais, c’est quel lien il va explorer entre Maria et les personnages de Stanley n’est pas mort, et que je vais essayer de rendre justice à Maria du mieux que je peux. Attention, spoilers potentiels du jeu Silent Hill 2, de son DLC Born from a Wish, et des Pleurs du Vide. Mais ça peut aussi vous donner envie de vous y plonger !

J’avais 13 ans quand j’ai rencontré Silent Hill, Maria et bien sûr James, le personnage joueur, celui dont nous avons le point de vue – du moins, jusqu’à Born from a Wish. Je n’avais pas un grand recul sur la situation, à l’époque. Les excuses de James pour ses actes me semblaient valables. Maria était l’antagoniste, voilà tout, un personnage de tentatrice comme il en existe cent fois trop en fiction, sans que je le remette en question. Six ans plus tard, je refaisais une partie avec des potes de l’époque. Maria se trouvait alors couverte d’injures, jusqu’à sa mort en tant que boss final. Défaut du jeu, ou impossibilité pour les joueurs masculins, et celleux qui avaient intériorisé ce point de vue, de penser l’histoire selon Maria ?

Si j’ai encore du mal à trancher là-dessus, il ne fait pour moi pas grand doute que Born from a Wish est essentiel au personnage de Maria. Je trouve d’ailleurs discutable que le remake ne comporte pas le DLC – bon, c’est vrai, le remake de Silent Hill 2 est en lui-même discutable à mes yeux, dans le concept comme dans la réalisation, mais pour rester de bonne foi, j’admets volontiers être un puriste chiant sur ce coup. Cela dit, je suis pas tout seul !

Ce que raconte Born from a Wish ? La vérité. Maria est une illusion de James, trop consciente de l’être, et qui va tenter d’exister, de vivre, avec le peu d’armes dont elle dispose. Tout le long du deuxième jeu Silent Hill, Maria va se battre pour conserver une identité, et pour garder l’espoir d’être aimée pour qui elle est, en sachant que James ne lui en laissera jamais la possibilité. C’est une histoire tragique, et plus proche du réel qu’on ne le pensait au premier abord. C’est si banal, de n’être aimæ qu’à travers la projection de l’autre sur soi.1

Ainsi, James est le seul horizon de Maria depuis qu’elle a pris forme et conscience. S’il la rejette, s’il ne la protège pas, s’il l’abandonne, elle mourra, seule. Elle envisage alors le suicide, avant de choisir de se conformer aux fantasmes de James (en commençant par endosser le rôle de « demoiselle en détresse » alors qu’elle a bien montré, dans Born from a Wish, qu’elle savait se battre seule contre les monstres. Les monstres de James lui-même…), du moins dans un premier temps… et d’essayer de vivre, tout en étant condamnée de façon certaine. Aujourd’hui, je rêve encore de pouvoir la sauver, de l’emmener loin de tout ça.

Appartenant tout entière à James, dont elle connaît le passé, et à Silent Hill, Maria semble n’avoir pas droit à l’espoir, ni à sa propre identité. Elle ne sait qu’une chose : elle n’est pas l’ex-femme de James. Elle n’est pas Mary. Tout le reste est création d’un autre esprit que le sien qui, pourtant, se trouve, à cet instant, sur le même plan de réalité qu’elle.

Si vous avez lu Les Pleurs du Vide, si vous avez rencontré Noah, peut-être cela vous dit-il quelque chose. Je n’ai pas activement pensé à Silent Hill, ni à Maria en écrivant LPdV, mais l’influence est plutôt évidente. Noah n’est pas Maria, évidemment, et ce n’est même pas Stanley qui l’a créé ; ils sont à un pied d’égalité à ce niveau. Seulement, Noah est privé de mémoire, abandonné au vide après avoir été appelé à l’aide. Jusqu’à ce que tous les personnages de l’histoire se trouvent confrontés à la question de leur propre identité, de ce qu’il reste d’eux, là, à l’intérieur. Je me retrouve en eux, comme en Maria, dans ce sentiment de ne pas exister pleinement. C’est pour ça, sans doute, que Maria me touche autant. C’est pour ça que Stan, Noah, Sally et les autres me parlent, chacun·e à sa façon. J’avais tellement de craintes à exorciser avec elleux.

Parce que, sans identité, que nous reste-t-il ? Où sont les réponses à nos questions, existent-elles seulement ? Il fut un temps, dans les vies de beaucoup d’entre nous, abreuvæs de propagande, où la réponse ne pouvait être que celle d’Allison, antagoniste de Stanley n’est pas mort adepte d’idéologies au mieux réactionnaires2 : le repli total sur soi-même, et sur ces idées qu’on tient pour siennes propres. Quand l’effondrement salutaire de cet univers mental survient, il nous faut trouver d’autres repères, et s’assurer qu’ils sont les bons, en les retournant cent fois entre ses mains… Avant de comprendre que, peut-être, un monde plus juste naît de fluctuations, puis de tentatives, de ratages, de nouveaux essais, sans cesse. Et que nous avons été coupæs de ce qui aurait pu, tout ce temps, faire partie de nous. Nous reste-t-il donc à embrasser le vide ?

Ai-je réussi à bien en parler dans Stanley n’est pas mort ? Je ne sais pas. J’ai mis tellement de mes questionnements, dans cette saga. Et tellement, tellement de choses qui me terrifient ou me font vibrer.

Il y a quelque temps, en Woof’letter, je disais que je m’étais, au fil de mon parcours d’écrivain, fait à l’idée que j’étais une espèce de trou noir. J’absorbe, en permanence, des idées plus grandes que moi, avec l’espoir d’en faire quelque chose de nouveau. Ça me parait d’autant plus absurde, parfois, de monétiser mon taff. OK, ce travail d’assemblage, c’est moi qui le fais3 ; mais y a-t-il plus, y a-t-il quelque chose d’autre ? Est-ce que j’existe, en tant qu’auteur, en tant que personne ? Y a-t-il, dans la trilogie de Stanley, plus que Silent Hill, Maria, Moloch, Ce qui est Art, Mulholland Drive, À la Croisée des Mondes, et tout ce que j’ai pu aimer et copier ? Et si, pire que tout, je copiais surtout quelque chose, quelqu’un·e ?

Il fut un temps où cette question n’avait pas tellement d’importance pour moi. J’étais plutôt heureux, en fait, d’être la somme de tout ce que j’aimais. J’espérais que ma trace se voie, tout de même, bien que j’ignore totalement à quoi elle ressemble – si ce n’est, bien sûr, à la présence d’un chien, quelque part dans les pages. Le fait est que je ne sais pas si elle existe. Je ne sais pas si j’existe. Et je suis atterré à l’idée que, même encore aujourd’hui, il est possible que je devienne cette vision de moi-même que j’ai reproduite dans Stanley n’est pas mort pour l’exorciser : celle qui, sans identité en dehors d’Allison, n’aura pas la force de se jeter dans le vide de son propre esprit pour en faire quelque chose de bien. Celle qui cherchera à arracher leur existence aux autres puis, comprenant qu’elle ne connaîtra jamais que le vide, se résoudra à disparaître.

Without you I’m nothing
I’m without you too often
WIthout you I’m nothing
I’m without you to often
I just need you to write
Something down for me
I just need you to write
Something down for me
Tell me where to go when I can’t find you
Tell me where to go when I can’t find you

  1. J’en ai parlé dans l’épisode 24 de la Woof’letter, je vous le laisse ici en libre accès. Vous pouvez scroller jusqu’à la bannière représentant Maria pour lire la partie concernée. Erratum : James ne part pas avec Angela, quelle que soit la version du jeu ! ↩︎
  2. Pour rester poli. ↩︎
  3. Et non, jamais je ne toucherai à l’IAgen. Pour quoi foutre, si j’aime écrire ? ↩︎

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Mes prochains projets d’écriture ! https://malonesilence.com/mes-prochains-projets https://malonesilence.com/mes-prochains-projets#respond Sun, 31 May 2026 18:37:27 +0000 https://malonesilence.com/?p=4957 Alors, et si on parlait de mes prochains projets, ceux qui viennent après Stanley n’est pas mort ? Ceux auxquels je m’attellerai une fois reposé ? (Comme l’article précédent, celui-ci est issu d’un post Instagram. Mais ici, j’ai décidé de vous proposer les slides telles quelles, parce que je les […]

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Alors, et si on parlait de mes prochains projets, ceux qui viennent après Stanley n’est pas mort ? Ceux auxquels je m’attellerai une fois reposé ?

(Comme l’article précédent, celui-ci est issu d’un post Instagram. Mais ici, j’ai décidé de vous proposer les slides telles quelles, parce que je les trouve plutôt belles. Le texte alternatif est bien sûr là pour quiconque en aurait besoin !)

Mes nouveaux projets : Jusqu'au bout du monde, Biomécaniques, Le Monde à ses pieds
Jusqu''au bout du monde. Celui-là, j'en ai déjà pas mal parlé : c'est celui que j'appelle souvent "le roman de Lucien". Il se situe dans le même univers que la trilogie "Stanley n'est pas mort" (Lucien est le cousin d'Archie) mais en est 100% indépendant, donc vous pouvez tout à fait vous intéresser à l'un sans lire l'autre. Ça peut être un petit plaisir pour vous si vous avez aimé l'histoire de Stan, mais sinon, JaBdM est un absolu stand-alone. Mots-clés : thriller, traumas, vengeance, guérison, rédemption, drame, psychologique
On suit en parallèle les cousins David, Archie et Lucien, dans leur parcours pour retrouver une vie heureuse après des épisodes traumatisants. Le premier a échappé à l'enfer des violences conjugales ; le second a autrefois subi ce que la famille et les adultes peuvent commettre de pire. Parfois, l'amour peut aider à se reconstruire ; parfois, il faut d'abord réparer les dégâts qu'on a causés auprès des gens qu'on aime. Et, dans le pire des cas, apprendre à vivre avec la longue traînée de sang laissée derrière soi. Mots-clés supplémentaires : fantastique, dark romance (sans abus), rêve et réalité, en miroir, espoirs, quête de justice, relations humaines


Le Monde à ses pieds, c'est un drame amical et fantastique qui met en scène une bande de potes qui se sont connu·es au collège. Cette bande s'est construite autour de Cal, ce premier de la classe à qui tout a réussi et réussit toujours, et dont toustes les autres espéraient être læ préféræ. Quand iels se retrouvent à l'âge adulte, toustes ont perdu leurs rêves, Cal a disparu, et une idée a germé dans leurs esprits : et si, par on ne sait quel mauvais tour de magie, Cal leur avait volé leur chance ? Mots-clés : Occulte, ambient, amitié toxique, lutte des classes anemoia, nostalgiacore, adolescence dans les années 2010, friends to enemies, mystère


Projet "Biomécaniques". Aussi appelé projet cyberpunk faute de titre pour le moment, ce roman suivrait a priori l'histoire de Red, activiste sortant de prison avec une forte envie de se venger de celleux qui l'ont vendu, et son amitié passionnelle pour Clyde, un hacker "racheté" par le gouvernement et qu'il espère encore sauver. Mais peut-on vraiment sauver quelqu'un de ses propres choix ? (Oui, c'est encore une histoire d'amitié qui se passe moyennement bien. En tout cas, ça commence comme ça.) Mots-clés : anticipation, horreur cosmique, luttes sociales, body horror, transhumanisme, amitié, cyberpunk
Là encore, on a un roman conçu comme un one-shot, mais ça promet d'être un morceau assez gros, tant il rassemble de questionnements que j'ai dans la tête - dont certains que je n'ai encore qu'effleurés. Au programme : du bon gros défouloir sur les décisions prises de nos jours en politique, des questionnements philosophiques parce que je peux pas m'en empêcher, une amitié probablement asymétrique, une recherche désespérée de sens pour ne pas s'effondrer mentalement, et un peu d'humour aussi (je vous jure que c'est vrai). Un projet qui va m'apprendre pas mal de choses, y compris en écriture (en tout cas je le pense). Mots-clés : occultisme, questions existentielles, science-fiction, dystopie, humain et machine, morally grey characters, found families

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[Fin de trilogie] Et maintenant ? https://malonesilence.com/fin-de-trilogie-et-maintenant Fri, 29 May 2026 14:24:00 +0000 https://malonesilence.com/?p=4939 Il y a dix jours tout pile, le dernier tome de Stanley n’est pas mort est sorti. Et maintenant ? Je navigue entre les salves de colis Ulule, les mails à envoyer, les nouvelles commandes sur le site, et la fatigue, et le Vide. J’ai eu un but, une direction, […]

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Il y a dix jours tout pile, le dernier tome de Stanley n’est pas mort est sorti. Et maintenant ?

Je navigue entre les salves de colis Ulule, les mails à envoyer, les nouvelles commandes sur le site, et la fatigue, et le Vide. J’ai eu un but, une direction, un pilier pendant quinze ans. Le seul dont je n’ai jamais dévié depuis l’adolescence. Ça m’a plutôt réussi, je crois ! Mais… et maintenant ?

Je sais, vous savez : des histoires, il y en aura plein d’autres après la trilogie de Stanley. Je n’ai même pas encore la trentaine. Et puis, c’est un mythe, l’œuvre d’une vie – mais c’est celle d’une longue, très longue partie de ma vie. J’ai passé plus de temps sur cette terre avec Stanley que sans lui, et avec Stanley plus qu’avec n’importe qui d’autre.

C’est dur. Je m’y attendais, on s’y attendait : c’est salement dur, d’autant que dans mon état d’épuisement, je n’ai pas pu offrir à LNdD la sortie dont je rêvais pour lui. J’aurais voulu faire un truc énorme, contacter les librairies, histoire que tout sorte partout à la même date ! Même niveau salons, je n’ai pas grand-chose cette année. Je n’ai plus une goutte de carburant. Déjà, à la fin du travail sur ce troisième et dernier tome, le moteur faisait des bruits bizarres. J’espère que ça ne se verra pas trop.

Je l’ai déjà dit, j’ai eu du mal à garder en tête le sens de ce que je faisais. C’était un projet au très long cours, faut dire. J’ai eu le temps de changer, de perdre des illusions, de me découvrir de nouveaux espoirs aussi. Je suis actuellement dans une période de gros questionnement qui pourrait se résumer à « mais comment on écrit, bordel ? » Il y a tellement de visions de l’art qui s’affrontent, et si certaines de mes positions sont assez sûres, elles sont très loin de toutes l’être. Est-ce que c’est grave ? Est-ce qu’on peut « trop » douter ? Est-ce que c’est un problème, de faire quelque chose sans jamais trouver la certitude qu’on le fait bien ? Comment on parle au monde ? Est-ce que je suis trop ancré dans le réel, enfin, dans mon réel à moi, et quels sont les angles morts de ce réel ?

Et, derrière tout ça : est-ce que je dois me remettre au travail maintenant ? Et si oui… comment ? Comment c’est possible ?

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Hier, j’étais avec Noah. https://malonesilence.com/hier-j-etais-avec-noah Tue, 28 Oct 2025 23:42:12 +0000 https://malonesilence.com/?p=4675 Bientôt, Stanley n’est pas mort, ce sera fini. Et j’étire la fin comme un chewing-gum liant ma semelle au trottoir, ou l’inverse. Je n’en sais rien. Il reste encore du boulot, de toute façon. Plus que je ne le croyais. Alors je m’inquiète, parce que j’espère quand même sortir Les […]

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Bientôt, Stanley n’est pas mort, ce sera fini. Et j’étire la fin comme un chewing-gum liant ma semelle au trottoir, ou l’inverse. Je n’en sais rien. Il reste encore du boulot, de toute façon. Plus que je ne le croyais. Alors je m’inquiète, parce que j’espère quand même sortir Les Nuits du Dehors avant 2026. Alors je suis rassuré, parce que je sais où j’en suis. Parce que je gagne encore un peu de temps, avant le saut dans le vide. Et j’écris des lettres, comme celle-ci, des lettres à mon univers. Des lettres à cette histoire qui m’a aidé à rester en vie pendant quinze ans.

Avec, au ventre, la terreur de perdre le contact. Stanley est de moins en moins souvent là. Vicky ne vient plus – iel est parti⋅e mener la révolution et sait que je læ ralentirais. Après tout, ça fait un bail qu’iel m’attend, et qu’iel accepte que Stan fasse sans arrêt les allers-retours. Habituellement, quand j’arrive à sortir pour faire les courses, il y a au moins l’un d’elleux (toustes, pas seulement Stan et Vicky) pour m’accompagner. Même Lucien vient, quand il est d’humeur. Mais ce que j’ai pu être seul, ces temps-ci. Peut-être que j’étais trop déprimé, ou que j’avais trop peur de laisser ce monde prendre vie, alors qu’il ne me demandait de toute évidence pas tellement mon avis.

Et puis, la semaine dernière, en une fraction de seconde, voilà que j’étais avec Noah. C’est rare, qu’il soit là. On n’était même pas dehors pour quelque chose d’intéressant. J’étais avec Noah, il était avec moi, et il n’y avait aucune raison que cela se produise. Ou peut-être que si. Depuis que j’écris ses chapitres à la première personne pour LNdD, on s’est pas mal rapprochés – et sa voix est d’une beauté fulgurante, en plus, en tout cas pour moi.

Noah, en ce moment, il joue les électrons libres. Il explore et découvre le monde. Peut-être est-il juste venu répondre à ma crainte que, quand les gens partent sur de nouvelles routes, iels n’en reviennent jamais. Faut dire qu’en ce moment, je suis un peu chiant. J’étais avec Noah, et il n’y avait aucune raison qu’il soit là. Mais j’étais content, et lui aussi. Ce mec est trop pur pour tous ces univers ignobles.

Alors il m’a accompagné à la pharmacie, collé à moi jusqu’à l’entrée – il m’a attendu dehors. Pour interagir proprement avec les gens de mon monde, il fallait que je sois seul. Quand je suis sorti, il pleuvait. Noah m’a rejoint depuis son abri et raccompagné chez moi, avant de repartir à l’aventure. Il avait pris le temps de passer pour moi. Il reviendra vite – il n’est pas parti très loin, cette fois-ci. Je pense qu’il restera dans les parages jusqu’à la toute fin. Jusqu’à la dernière sortie. Et puis, je l’espère, il reviendra, de temps en temps, regarder les étoiles avec moi.

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[Extrait] Les Nuits du Dehors : Son sourire les regarde https://malonesilence.com/extrait-les-nuits-du-dehors-son-sourire-les-regarde Tue, 16 Sep 2025 15:55:39 +0000 https://malonesilence.com/?p=4258 SON SOURIRE LES REGARDE. Quel effet ça fait, de naître au monde ? Qu’est-ce que c’est, une naissance ? Noah est là. Noah n’est pas là. Noah est une particule d’âme entre deux éclats de lumière. Noah n’est pas là, mais il y a cette présence, chaleureuse et enveloppante, qui parfois prononce […]

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SON SOURIRE LES REGARDE.

Quel effet ça fait, de naître au monde ? Qu’est-ce que c’est, une naissance ? Noah est là. Noah n’est pas là. Noah est une particule d’âme entre deux éclats de lumière. Noah n’est pas là, mais il y a cette présence, chaleureuse et enveloppante, qui parfois prononce son nom dans un souffle qui emmêle ses cheveux, à moins qu’il ne les disperse autour de sa tête, dans l’eau. Noah est une bulle minuscule, prise entre des milliards de gouttes qui pourraient l’étrangler, trop lourdes pour elle, trop réelles pour sa membrane si fragile qui, pourtant, la fait rebondir contre elles à toute allure jusqu’à la surface. Il suffit d’une infinitésimale trace de l’existence de Noah pour déchirer les mondes.

Noah est là, et Archie est là, quelque part, si loin de lui encore, à des années-lumière de lui, et déjà leurs essences se mêlent pour former ce puzzle bigarré, beau à sa manière, dont Noah s’est souvenu pour la première fois dans l’entre-deux, cette sorte d’intimité aussi impossible qu’il se sent irréel à cet instant, entre deux eaux, deux espaces, deux univers qu’il ne comprend plus. Archie est la seule chose qu’il connaisse, la seule place possible pour l’atome de conscience qu’il est ; il se laisse engloutir et mélanger à lui, là où, il y a une éternité, il a fait connaissance avec les concepts d’existence et d’amour. Noah pourrait s’endormir pour toujours dans ces eaux chaudes et oublier tout ce dont il n’est pas censé se souvenir, tout ce qui ne s’est jamais passé dans l’étreinte d’Archie et donc ne peut pas s’être produit, parce que ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent, les humain·es ne sont pas assez proches les un·es des autres, c’est impossible, à jamais impossible. Mais il s’est passé quelque chose, là-bas, de l’autre côté de l’entre-deux. Il s’est passé quelque chose qui le retient au cœur. Son cœur le tire en arrière, là où il n’y a plus rien et, loin au-dessus de lui, des aboiements l’appellent. Au fond de ce qui lui semble être lui-même, des cris perdus s’accrochent à ses organes comme autant de mains brisées, comme autant d’yeux bleus se planteraient en lames dans les siens. Alors Noah se rappelle son nom et croit cracher son cœur quand il le hurle, s’il peut hurler, là, dans un état qui ressemble à un non-état, un entre-deux encore, il hurle comme il n’a jamais hurlé, il hurle son nom que noie l’eau glacée qui lui broie la gorge, il hurle de tout l’amour qu’il a jamais éprouvé de l’autre côté, dans ce monde mort comme dans l’infinité des autres univers, il hurle STANLEY STANLEY STANLEY alors que lui revient le souvenir de cette réalité loin, si loin derrière, là où ce qu’il aime STANLEY VICKY STANLEY a disparu. Sa place n’a-t-elle pourtant pas toujours été ici, dans ce temps et cet espace précis, une seconde dans ces eaux, une seconde de sa présence mêlée aux longues années de celle d’Archie, là où lui, Noah Peterson, trouve sa signification en tant que lui-même, dans tout ce que cela représente ?

Noah n’existe pas, Noah n’est rien, Noah ne sait pas où il est, Noah est à sa place mais STANLEY il veut vivre il veut STANLEY le sel lui écorche les poumons STANLEY surface surface surface STANLEY Archie est là Archie est là STANLEY VICKY STANLEY les cartes ont volé dans l’entre-deux STANLEY STANLEY STANLEY il se noie l’eau lui remplit la cage thoracique les membres le ventre ça brûle ça brûle sa peau est tellement froide ses yeux refusent de s’ouvrir ses oreilles s’emplissent du grondement de la mer STANLEY STANLEY il se noie il se noie il faut qu’il nage qu’il batte des jambes elles sont si lourdes deux poids qui l’entraînent au fond là où le monde est

le monde est

le monde est mort

La douleur transperce sa main quand elle brise la surface invisible, à des kilomètres au-dessus de lui. Elle foudroie son avant-bras jusqu’au coude, son bras jusqu’à l’épaule lorsqu’on tire, tire son corps vers le haut, lorsque sa bouche s’arrache à la mer. L’oxygène explose dans ses poumons, ses veines, son cœur, son cerveau, il fracasse sa mâchoire, sa gorge, ses côtes, il plaque ses organes contre la paroi de sa peau alors que ses os la crèvent, et Noah hurle si fort qu’il pourrait s’évanouir, il devrait s’évanouir, un nuage de suie englue ses neurones et quatre crocs plantés dans sa main, dans son squelette, dans ses veines, tirent sur sa couverture de chair comme pour la détacher de lui, et peut-être qu’on la laissera flotter au gré du courant, quel courant si c’est une mer, est-ce qu’il y a un courant dans les mers, est-ce que

est-ce que j’existe

Il tousse, vomit tout ce que ses entrailles peuvent contenir de liquide, vomit de l’eau et de la bile et du sang, ses poumons saignent sur ses lèvres il a si mal PUTAIN ARRÊTE LAISSE-MOI HOWIE ARRÊTE ARRÊTE TU ME FAIS MAL ARRÊTE

est-ce que je suis mort

le monde est mort et j’ai TELLEMENT MAL

est-ce que je suis encore autre chose que la douleur

MAL MAL MAL Archie viens me chercher tu étais là on était tous les deux tu étais là tu étais là

Froid à crever, froid à hurler. L’eau salée glacée brûlée ciselée tranche ses frissons en lignes de sang. Noah pourrait sans doute essayer de bouger. Ça ferait mal, ça ferait crisser ses os et monter l’acidité à sa bouche, jusqu’à la pointe de la langue. La langue – il en sent une, ça y ressemble, ça ressemble bien à une langue, ce qu’il sent, là, sur son visage, ce qui fait circuler le sang sous ses joues. Quel effet ça fait ? Howie – c’est Howie, ça doit bien être Howie. Howie est vivant, Noah s’en assurerait s’il parvenait à ouvrir les yeux. Ses paupières sont raidies, collées à ses rétines. S’il lève une main, s’il y arrive, il aura froid, il aura mal, mais il pourra toucher le poil d’Howie. Il n’est même pas sûr de sentir encore ses mains. Il fait froid, un froid lourd, humide, une froid qui n’a rien à voir avec le vide qui l’a recraché là. Non – non, c’est lui qui a traversé le vide, avec Howie. Ils ont marché dans l’eau, puis nagé, puis marché à nouveau, puis re-nagé, et puis… Et puis, à ce qu’il semble, Howie vient, de toutes ses jeunes forces de chiot, de le tirer au bord des vagues.

Ouvre les yeux. Ouvre les yeux, putain, ouvre les yeux…

Ses muscles, ses organes, tout se consume sous sa peau lourde de froid. Howie le lèche, couine contre lui, dans ses yeux, dans son nez, dans ses cheveux. Viens contre moi. Réchauffe-moi, mon chien. J’arrive même pas à ouvrir les yeux. J’arrive pas à ouvrir la bouche. Le froid veut me voir mort. Mais si on est là, c’est qu’on n’est pas morts. Déjà, son cerveau se réveille. Ses neurones s’ébrouent sous le givre et s’encouragent mutuellement. Ça va aller. Ça va aller. Si on est là, c’est qu’on va vivre. C’est qu’on a réussi. Tu te rends compte, Howie ? On a réussi ! Tu y crois, toi ? Faut qu’on continue, Howie ! Faut que je me lève, Howie…

C’est pas désagréable, cette immobilité. Enfin, presque pas – ça pourrait être pire, s’il bougeait. Il n’a pas mal. Pour l’instant, il n’a pas mal. On s’y fait, aux pics à glace qui nous crucifient contre le sol – non, c’est pas un crucifiement, il y a trop de pics, partout, qui traversent ses bras, ses poumons, son cou. Ça va faire mal, s’il se lève, horriblement mal, rien que d’imaginer ses organes s’arracher aux pics, ses chairs fragiles glisser contre le métal… Bouge putain, bouge. Pourquoi bouger ? Qui l’attend, au juste ? Howie, oui, il y a Howie et c’est important. Ce n’est pas « qu’un chien », c’est un chien, c’est un ami, c’est Howie. Et il porte le souvenir de –

Stanley STANLEY STANLEY

Les mâchoires de ses côtes se referment sur ses tripes, la douleur lui remonte jusqu’au cœur pour l’écarteler, ça le fend en deux STANLEY STANLEY STANLEY Stanley n’est plus là, Noah et Howie ont franchi le seuil du vide et il n’y avait plus qu’eux, ils ont franchi le seuil du vide sans Stanley SANS STANLEY qu’ils aimaient plus que tout, Stanley n’est plus là, Stanley a disparu, Stanley est perdu –

Il est forcément quelque part il faut qu’on aille le chercher peut pas avoir disparu pas disparu comme ça il est quelque part il il on va le chercher hein Howie on va le chercher va chercher c’est ça qu’on dit je chercherai avec toi

Est-ce qu’Allison les a suivis ? Ses intestins se crispent en boule anguleuse contre son estomac. Elle nous regardait avec son sourire. Je voulais fuir. J’ai fui avec Howie dans les bras. Je me suis pas retourné. Peut-être que si. À un moment. Elle nous regardait avec son sourire. Rien qu’une silhouette blanche. Une brume éclatante de son sourire. Elle nous regardait avec son sourire. Elle nous aurait croqués, mastiqués, broyés. Elle nous regardait avec son sourire. SON FOUTU SOURIRE – il est fixé à ses paupières, il danse dans son cerveau, il le bouffe de l’intérieur. Ouvre les yeux. Ouvre les yeux, je t’en supplie. Il veut l’image d’Howie. Il veut l’image de STANLEY REVIENS REVIENS NOUS CHERCHER OUVRE LES YEUX OUVRE LES YEUX BOUGE BOUGE BOUGE Howie le lèche, jappe, lui donne de grands coups de ses petites pattes sur son épaule LEVE-TOI LEVE-TOI son sourire son sourire il a son sourire dans la tête SON SOURIRE REGARDE DANS SA TÊTE !

OUVRE CES PUTAIN D’YEUX !

Des aiguilles d’eau salée lui picotent les orteils. Il pleut du sable en fusion sur ses membres, sur son dos, sur ses doigts. Il voudrait serrer les mâchoires à s’en faire éclater les gencives faire exploser ses dents en confettis d’émail écarlates de douleur qu’on voie qu’il a mal putain il est une coquille inerte VOUS VOYEZ PAS QUE J’AI MAL S’IL Y A QUELQU’UN·E AIDEZ-MOI AIDEZ-MOI Archie pourquoi tu n’es plus là ? Il entend des cris d’oiseaux, des mouettes ou des goélands, est-ce qu’il y a une différence, de la circulation routière au loin – le bruit des pneus sur le bitume – le verglas qui se craquelle sur ses tympans, preuves réconfortantes que le monde qu’il a atteint aujourd’hui est vivant. Le sourire s’est dissipé, il ne faut plus y penser. Howie lui mordille une oreille et tire dessus – aïe aïe aïe doucement doucement – son corps le brûle de plus en plus fort, ses yeux refusent toujours de s’ouvrir c’est chiant c’est chiant le sang lui revient dans les extrémités et ça brûle putain qu’est-ce que ça BRÛLE STANLEY REVIENS STANLEY STANLEY REVIENS

Ouvre la bouche. Ouvre la bouche et crie. Ouvre la bouche et CRIE. CRIE de toutes tes forces. CRIE pour qu’on te trouve pour qu’il te trouve pour qu’il revienne pour qu’il sache que JE T’AIME REVIENS REVIENS JE T’AIME JE SUIS LA JE VIENS TE CHERCHER !

Il ne sait même pas où il est. Il ne sait même pas si son corps fonctionne encore. Il ne sait même pas si ses yeux fonctionnent encore – bien sûr que si ils fonctionnent bien sûr que si quelle question ils fonctionnent ils fonctionnent même très bien SI SEULEMENT JE LES OUVRAIS ! Les coups sourds de son cœur contre ses oreilles lui donnent la nausée. Ça tape trop vite, trop fort, il n’arrive plus à respirer. Comment a-t-il pu respirer dans ce froid, et sous le poids de son propre corps ? Il hallucine sa propre existence. Il est devenu fou. Il a franchi la barrière des mondes et il n’existe plus de lui qu’un lambeau de conscience enfermé dans une coque en fusion. Il n’existe plus et il n’arrive plus à respirer. Sa propre sueur le griffe, lourde, dans une lenteur insupportable, et le simple fait d’exister lui paraît horrible en cet instant, c’est mieux de ne pas exister du tout et de savoir qu’on n’existe pas, peut-être que s’il sait ça l’illusion se dissipera, il aura moins mal, puis plus mal du tout puisqu’il n’existera plus, il n’y a plus de douleur là où il n’y a plus d’existence, là où –

là où il y a le vide

il ne veut pas y retourner il s’est sorti du vide il veut vivre il veut vivre pourquoi c’est si dur il ne sait même pas s’il existe

Tire sur tes paupières ouvre les yeux tire tire TIRE

Hey hey Noah t’es pas seul ici

Il n’est pas sûr qu’Archie soit bel et bien là. Il a pu atterrir dans un autre endroit. Il a pu rêver l’existence d’Archie, rêver l’existence de leur espace liminal, rêver l’existence de tout. Mais il tente de s’accrocher à ça, à cet espoir-là, à l’existence de cet homme dont il n’a connu que les éclats de tristesse à travers la paroi de leurs réalités, parce que la souffrance sera peut-être plus supportable comme ça, il ne sait pas, il sait juste qu’il pense, qu’il pense, qu’il pense et qu’il se trompe probablement.

Soudain, le barrage de ses paupières cède. Ses yeux sont grands ouverts, écarquillés, tout au bord des orbites, avides du monde qui les éblouit. C’est un trop-plein, une débauche de détails et d’existence, Noah va vomir. Il fait pourtant presque nuit. Tant mieux – si le monde s’était révélé en pleine lumière, Noah aurait perdu la vue. Il n’est pas sûr d’être prêt à ça, en tout cas pas maintenant, alors qu’il lui semble que l’infinité tout entière des choses qu’il n’a jamais vues se précipite dans le couloir d’étranglement de ses iris dans un flou étourdissant. Il voit et sent Howie s’agiter contre lui, le bousculer, le débarbouiller, et il voudrait pouvoir le caresser, il faut qu’il bouge il faut qu’il se lève – personne ne viendra l’aider, il fait nuit et les fenêtres brillent d’une lueur orangée au loin, trop loin, il n’y a personne sur cette plage minuscule, pas même Hook–

HOOK

Comment peut-il ne pas être là ? Est-il avec Stanley ? Oui, c’est ça. Il faut que ce soit ça. Ça ne peut être que ça. Noah, lui, a Howie avec lui. Hook a toujours su où aller. Hook a les yeux de Stanley. Stanley a les yeux de Hook. Noah aurait aimé l’avoir avec lui, Hook, s’il faut que Stanley ne soit pas là. Mais Howie est là, et il se souvient, lui aussi. Ou peut-être pas. Howie n’a jamais grandi. Conserve-t-on les souvenirs si notre existence, si l’on est ainsi figeæ dans un présent perpétuel ? Il reconnaît Stan. Il me reconnaît, moi. Alors il a une mémoire, c’est tout. Il se souvient. Je ne suis pas le seul. Cette histoire a existé s’il s’en souvient aussi… Non. Non. Elle existe encore. Putain, pourquoi faut-il qu’il soit davantage certain qu’Allison – SON SOURIRE – est encore de ce monde, que ce soit elle qui l’ait rejoint au bord de cette mer pleine de vide rouge ?

Mais en cet instant, Howie ne regarde que Noah. Il n’y a personne d’autre qu’eux deux. Allison n’est pas là. Son sourire n’est pas là. Son sourire ne les regarde pas. Son sourire n’est pas là. Noah ne supportera peut-être plus jamais de voir le moindre sourire – et ce sera horrible. Le sourire de Stanley est beau. Le sourire de Howie est adorable. Il y avait le sourire de Vicky, aussi – elle était avec eux quand tout s’est écroulé sur lui-même…

SON SOURIRE ÉTAIT DÉJÀ LÀ. IL LES REGARDAIT.

Le sourire de Vicky était tour à tour triste, désabusé, gentiment moqueur, attendri quand elle jouait avec Howie. Elle jouera encore avec Howie. Peut-être que c’est elle qui les retrouvera. Iels se retrouveront, voilà, s’iels cherchent bien. Iels ont toujours bien cherché jusque-là – non, non c’est Hook qui trouvait, Hook qui les guidait, et Hook n’est pas là. Hook n’est pas là et iels vont devoir faire sans lui – non, lui, Noah, va devoir faire sans lui. Mais Hook sait où aller. Il sait choisir. Ça va aller.

Putain, il n’en sait rien.

Il voudrait que son cerveau gèle à nouveau. L’oxygène poignarde ses extrémités, ses doigts et ses orteils fondent de chaleur retrouvée. Le feu remonte le long de ses veines, de ses nerfs, de ses muscles jusqu’aux coudes, aux genoux, aux hanches, aux épaules. Il parvient, au prix du dernier effort qu’il se sente capable de fournir, de ramener une cuisse vers son torse pour le surélever – enfin, il peut respirer. Il se gonfle de sa gorge à son abdomen, tout entier. Il s’emplit d’un air chargé de sel, d’eau, d’autres choses qu’il ne connaît pas. Ne va-t-il pas s’étouffer, sur cet air empli du monde ? Il entrouvre les mâchoires, avale l’air, tousse contre le sable, y laisse couler des filets de salive. Howie s’est assis près de lui, le museau à hauteur de sa tête, la langue infatigable. Le corps de Noah fourmille d’étincelles, assoiffé de mouvement tout à coup, alors il lève une main pour caresser le chiot entre les oreilles. Howie remue la queue et lui sourit derrière sa petite langue rose. Son poil est presque sec, gonflant autour de son corps comme un nuage subtilement doré. Il est tout chaud. Noah redresse le torse et le prend dans ses bras.

Il faut y aller, maintenant.

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Les cris du dehors https://malonesilence.com/les-cris-du-dehors Sat, 23 Aug 2025 09:19:43 +0000 https://malonesilence.com/?p=4182 Je crois que l’aboutissement de la campagne de financement des Nuits du Dehors était clairement mon moment en 2025.^^ Je vous ai déjà remerciæs mille fois pour votre soutien sans faille – permettez-moi de le faire encore. On en a déjà parlé en newsletter : par bien des points, cette […]

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Je crois que l’aboutissement de la campagne de financement des Nuits du Dehors était clairement mon moment en 2025.^^ Je vous ai déjà remerciæs mille fois pour votre soutien sans faille – permettez-moi de le faire encore. On en a déjà parlé en newsletter : par bien des points, cette campagne est notre meilleure à l’heure actuelle, et ça, c’est beau.

Les Nuits du Dehors est censé (vous commencez à me connaître) sortir cet automne, au mieux en octobre, le meilleur mois de l’année 🎃. Bon, la bonne nouvelle, c’est que le Pumpkin Autumn Challenge dure plus d’un mois ! (Il revient bien cette année, hein ? J’espère.) Mais bon. Encore une fois, j’espère être plus rapide pour mes prochaines parutions. Ça va faire quoi, quatre, cinq ans qu’on est sur Stanley n’est pas mort, là ? Pour trois livres, c’est archi long, au rythme global actuel. Même pour moi, qui commence à avoir hâte de passer à la suite malgré, bien évidemment, des sentiments contradictoires à l’approche de la fin.

D’ailleurs, quelle fin ? Qu’est-ce qu’elles nous réservent, les nuits du dehors ?

J’ai beau être auteur jardinier (on en a discuté ici, en live avec Sandmap), il y a quand même une tentative de construction, pour Stanley n’est pas mort. Ou un genre de prophétie auto-réalisatrice, si vous voulez. Je me suis rendu compte, alors que j’écrivais Les Pleurs du Vide, que, quelque part, je savais depuis le début que je serais un jour plus fort que la dépression. Les Nuits du Dehors était alors censé extirper cette trilogie de l’horreur du premier tome, sans pour autant finir par la nier (Archie, le nouveau personnage des Nuits du Dehors, vit des choses assez horribles, ce qui donne une structure cyclique à l’ensemble qui fait sens). En gros : si l’horreur est là, on n’est désormais plus seul·e pour l’affronter.

Mais c’est un fait : à l’intérieur comme à l’extérieur, au-dedans comme au-dehors, l’horreur est là. Elle a pris naissance à l’extérieur pour contaminer l’intérieur, où elle s’est déployée pour tout détruire. Pourtant, l’espoir s’y trouve aussi. Au-dehors, comme au-dedans.

En ce moment, il m’est très difficile de le trouver. De ne pas avoir l’impression de raconter un mensonge en écrivant, en clamant que l’espoir existe, en chacun·e de nous et au milieu de nous, entre nous. Est-ce que je me suis raconté tout ça pour me rassurer ? Est-ce que je me suis créé cette communauté de personnages imaginaires pour oublier mon incapacité à me faire une place dans la lutte, et à la faire avancer ? (Cherchez pas, la réponse est oui. En partie.)

On ne va pas récapituler ici les actualités du monde, du dehors. Vous savez.

Désormais, ça m’obsède. Tous les jours, ce sentiment d’urgence. Est-ce que je peux vraiment écrire que tout ira bien ?

Il n’a jamais été question de ça, en réalité. Le but, c’est d’apprivoiser, ou de vaincre, les horreurs qu’on nous a injectées, afin de faire face à celles du dehors. Et c’est là, en écrivant ce troisième et dernier tome de la saga, que je me souviens qu’en réalité, je ne sais foutrement pas quoi faire. Pourtant, je devrais. J’ai 28 ans, merde.

Peut-être que c’est comme ça que je trouverai les mots pour finir Les Nuits du Dehors. En me rappelant que c’est pas à moi tout seul de trouver une solution. Que je dois seulement parvenir à naître au monde, enfin, et à exister pour de vrai, pour lutter efficacement moi aussi.

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Mulholland Drive (hommage à David Lynch) https://malonesilence.com/mulholland-drive-hommage-a-david-lynch Sat, 18 Jan 2025 18:58:49 +0000 https://malonesilence.com/?p=3678 Il y a quelque temps de ça, je disais sur mon Bluesky que mon envie de revoir Mulholland Drive se faisait de plus en plus pressante. Si j’en crois l’archive de la Woof’letter, c’est en mai 2023 que je l’ai vu pour la première fois. Sans doute, oui. Je ne […]

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Il y a quelque temps de ça, je disais sur mon Bluesky que mon envie de revoir Mulholland Drive se faisait de plus en plus pressante. Si j’en crois l’archive de la Woof’letter, c’est en mai 2023 que je l’ai vu pour la première fois. Sans doute, oui. Je ne retiens pas bien les dates. Ma notion du temps qui passe est claquée au sol depuis toujours, pour tout vous dire. C’est pas si grave. Même sans date, les souvenirs sont là, pour certains incroyablement vivaces.

Mulholland Drive, c’était mon premier Lynch. (Je n’en ai encore vu aucun autre, malgré l’envie.) Ma découverte s’est produite dans un ciné indépendant adepte des rétrospectives mensuelles. J’y suis allé avec une curiosité alimentée par tout ce qu’on en disait, un peu d’appréhension aussi, du fait que ce ne serait peut-être pas forcément compréhensible, tout ça. Le fait est qu’effectivement, Mulholland Drive m’a paumé. Mais à ma grande surprise et pour mon plus grand plaisir, ça m’a pas empêché de passer l’un des meilleurs moments de cinéma de ma courte vie. C’est ce que disait Taous Merakchi dans sa dernière newsletter : Lynch a cette capacité à nous absorber, et à nous faire accepter que son art nous perde. Ça finit par faire partie du plaisir, je suppose.

A l’heure actuelle, mes questionnements sur Mulholland Drive sont toujours là. Les explications que j’ai trouvées sur Internet m’ont fait dire : « Oui, peut-être, ça se tient. » Je me trouve encore partagé entre la frustration et une certaine acceptation, quand même : ouais, j’ai pas d’explication absolue, mais ce n’est peut-être pas grave. Ce film n’est peut-être pas là pour ça. J’ai vécu une expérience folle, et ça compte. Lynch parvient à nous dire tout de même certaines choses, sur Hollywood, sur les relations humaines, sur la dépression (tiens donc), et ça compte aussi. On n’a pas LA clé (héhé), mais plein de petites clés qui ouvrent des portes intéressantes… Et à nous de fouiller dans ce qui se cache derrière.

L’un des plus beaux compliments qu’on m’ait fait sur mon taff, c’est : « Tu ne prends pas ton lectorat par la main, on voit que tu lui fais confiance. » Et c’est cool. C’est cool parce que, déjà, en tant que lecteur, j’aime cette sensation de connivence. Outre le fait que ça flatte quand même un peu l’ego, ça me fait me sentir moins seul, j’imagine. On est ensemble, dans cette galère, et on y trouve de la beauté, parfois la même.

Ça contente mon côté explorateur dans l’âme, aussi. Si vous me connaissez, vous savez mon amour pour Silent Hill (promis, l’article sur Maria que je vous tease depuis beaucoup trop longtemps va sortir). J’adore SH, j’adore analyser SH et lire/écouter les analyses des autres, ça foisonne, c’est trop bien. Et si l’on veut rester premier degré : je suis un joueur explorateur. Je prends un max de temps à explorer les environnements, à regarder les détails – ce qui fait de moi un partenaire épouvantable en coop. Bref, tout ça pour dire que j’aime qu’une œuvre d’art me rassasie. Mais pas toujours directement – intellectuellement parlant.

(Pardon, ça doit faire un peu pédant, dit comme ça. Rassurez-vous : je ne suis pas la chips croustillante du paquet. Je suis juste un curieux insatiable avec plein de questions dans la tête.^^ D’ailleurs, si je fais confiance à mon lectorat, c’est parce que j’y suis un peu obligé. Je veux dire… Je cherche encore les réponses aux questions que je pose dans mes écrits ! C’est aussi pour ça que j’écris d’ailleurs BREF)

Qu’est-ce qui m’a rassasié, dans Mulholland Drive ? L’esthétique et l’émotion qu’elle provoque, déjà. Ce film transpire la passion du cinéma, dans ses plans, ses couleurs, sa musique. J’étais tellement investi ! Bon, déjà, mon thème musical préféré, c’est celui-là :

La scène que cette musique illustre y est pour beaucoup, il faut dire ! Pleurer devant une scène d’amour, ça m’arrive très rarement. Bon, forcément, quand c’est pas hétéro, ça me parle davantage. Mais surtout, la scène est belle, merde ! On pourrait parler de Llorando, aussi, scène et musique incroyables, vous même vous savez. Mais ce que je retiens surtout, c’est ce passage-là. Et ce « I’m in love with you« . OK, j’ai aussi un crush sur Rita, je… je sais.

Comment David Lynch, Naomi Watts et Laura Harring parviennent-iels à nous faire autant aimer leurs personnages ? On ne sait rien d’elles, au fond. Seulement l’essentiel : leur histoire d’amour dans la cité des rêves. Des rêves brisés, reconstitués dans une tentative désespérée avant de s’effondrer une dernière fois. Parce que pour que Mulholland Drive me parle autant, il fallait aussi qu’il parle un peu de fiction, pas vrai ? Et si l’explication la plus répandue sur le scénario est la bonne… Disons qu’il nous en dit des choses, ce film, sur l’amour romantique. Une forme d’amour pas toujours belle, pleine d’un imaginaire qu’on ne parvient pas à lâcher. Quand on a vécu des histoires aussi difficiles que passionnées, forcément, ça parle.

J’en retiens aussi les moments d’humour, évidemment. Le tueur à gages malchanceux, le cinéaste qui se fait pourrir de tous les côtés… Et puis, par-dessus tout : les éléments horrifiques ! C’est ce genre d’œuvres, ultra riches et généreuses, que je passe ma vie à chercher. Les réponses aux questions, à côté ? Je suis toujours content d’en trouver, mais c’est pas l’essentiel. Lynch disait que l’art n’avait pas à avoir du sens si la vie elle-même n’en avait pas, et l’analogie fonctionne plutôt bien pour Mulholland Drive. Parce que j’ai vécu 146 minutes de rêve. J’ai voyagé dans un autre monde, fictionnel, avec ses propres lois, et j’y ai cru. J’y ai cru de toute mon âme, et je veux y retourner.

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4 avril 2025 : lancement du Ulule pour le tome 3 ! https://malonesilence.com/4-avril-2025-campagne-ulule-tome-3 Mon, 06 Jan 2025 13:53:05 +0000 https://malonesilence.com/?p=3530 Il s’appelle Les Nuits du Dehors, c’est le troisième et dernier tome de Stanley n’est pas mort, et la campagne de financement dédiée démarre le 4 avril 2025 ! Si vous suivez la Woof’letter, vous le saviez déjà 👀 Vous pouvez vous pré-inscrire à la campagne Ulule en cliquant ici […]

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Il s’appelle Les Nuits du Dehors, c’est le troisième et dernier tome de Stanley n’est pas mort, et la campagne de financement dédiée démarre le 4 avril 2025 !

Si vous suivez la Woof’letter, vous le saviez déjà 👀

Vous pouvez vous pré-inscrire à la campagne Ulule en cliquant ici :



Résumé du tome :

Les mondes se sont déchirés. Celui d’Archie, d’abord, qui traverse la France en bus, et surtout en pleine nuit, pour fuir son fiancé qui l’a détruit. Celui de Laura, ensuite, qui avait presque abandonné l’idée de le reconstruire, jusqu’au jour où elle a reçu ce message posthume d’une vieille connaissance. Celui de Hook, bien sûr, qui, la tête posée entre les pattes, a veillé le cadavre de son hôte pendant des jours. Quant à celui de Noah, désormais seul avec Howie à l’orée du vide…
L’homme qui aime Stanley n’a jamais été aussi perdu et vulnérable, et pourtant, il se lance à sa recherche sans hésiter une seconde. Stanley est encore là, quelque part, Noah le sait. Tout comme Allison, qui, en sinistre ombre fantomatique, semble le suivre à la trace…
Peut-être tout serait-il plus facile, quelque part, sans cet univers qui se déploie sous leurs yeux. Sans ces sources d’émerveillement inconcevables, sans cette folle possibilité d’affection mutuelle, sans que l’espoir brille, douloureux et magnifique, plus fort que jamais, dans les nuits du dehors.
Conte initiatique, mélancolique et horrifique, Les Nuits du Dehors clôt Stanley n’est pas mort sur une formidable fureur de vivre. Parce que la fin du monde ne cesse d’avoir lieu. Parce qu’on peut rebâtir sur les ruines. Et parce qu’on peut trouver la force de lutter pour avoir, un jour, la possibilité de cette reconstruction. Les Nuits du Dehors, c’est l’histoire d’une humanité compliquée, mais qui aime et crée, au milieu de la violence, envers et contre tout.


La couverture reste secrète jusqu’au moment du reveal ! Vous pouvez toutefois en voir un bout en newsletter 👀

Save the date : 4 avril 2025 ! Et que les chiens veillent sur vous !

Car désormais, la lumière vous suit.

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Mes newsletters préférées https://malonesilence.com/mes-newsletters-preferees https://malonesilence.com/mes-newsletters-preferees#comments Sun, 22 Dec 2024 19:21:34 +0000 https://malonesilence.com/?p=3496 Avec la chute de Twitter/X et, en règle générale, le profond emmerdement que sont devenus les algorithmes des réseaux sociaux, beaucoup de personnes ont finalement décidé de lancer leur newsletter – dont moi ! Et le fait est que j’ai pris aussi bien goût à écrire ces petits – ou […]

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Avec la chute de Twitter/X et, en règle générale, le profond emmerdement que sont devenus les algorithmes des réseaux sociaux, beaucoup de personnes ont finalement décidé de lancer leur newsletter – dont moi ! Et le fait est que j’ai pris aussi bien goût à écrire ces petits – ou grands – mails qu’à en lire. Il y a des newsletters que j’attends avec impatience chaque semaine, chaque mois, ou que, dans le cas des plus irrégulières, j’attends toujours sans jamais rater un numéro.

Alors, tout comme il m’est arrivé de parler de mes talentueuxses collègues du domaine horrifique, j’ai décidé de vous faire une petite liste de mes newsletters préférées. Il y a des chances qu’elle soit mise à jour de temps en temps 👀 C’est vraiment un support qui me parle, une bulle de calme dans le tumulte de l’information en continu, et un plaisir de lecture, tout simplement. Je kiffe, quoi ! (Si toi, qui me lis, attendais un signe pour lancer une infolettre, considère qu’il est là !)

Les Papiers noirs d’Amélie

Amélie est une autrice d’horreur que j’ai eu le plaisir de rencontrer au festival Écrire! début 2024. Dans ses Papiers noirs à l’encre rouge, elle nous parle aussi bien de son processus créatif que de ses découvertes culturelles : livres, cinéma… La plupart du temps, évidemment, dans le domaine horrifique. Et si vous vous abonnez, elle vous offre un recueil de nouvelles numériques ! Bonne lecture à vous 🔪

L’info-lettre de Noémie

Noémie est une chercheuse brillante, dont je suis le travail depuis maintenant plusieurs années. La nouvelle du lancement de son infolettre m’a donc fait très, très plaisir ! Son domaine de recherche est aussi important que difficile : le discours mené autour des violences sexistes et sexuelles, notamment en ligne (mais pas que). Elle nous parle de son parcours de thèse, de ses lectures sur le sujet et hors-sujet, et conclut chacune de ses newsletters par quelques mots sur le tricot ! Pour un peu de douceur dans ce monde si difficile.

L’Oniropostale de Rozenn Illiano

Rozenn Illiano, c’est l’autrice de Midnight City, ainsi que de beaucoup d’autres romans se déroulant dans le même univers – ou presque ? Une autrice aussi prolifique qu’inventive et dont je suis la newsletter depuis ses débuts. L’Oniropostale tient son nom d’une invention iconique de cet univers, invention que j’ai pu découvrir dans Midnight City. Quant à la découverte que je fais via ses newsletters… Les auteurices architectes, vous m’épatez ! (Rozenn Illiano est très, très architecte. Je crois que vu l’ampleur de son univers, on pourrait difficilement faire autrement !) Si ce que vous attendez d’une infolettre d’écrivain⋅e, c’est de voir les coulisses en détail et en toute transparence, vous trouverez votre bonheur sur L’Oniropostale.

La Griotte vagabonde d’Isis Labeau-Caberia

Isis Labeau-Caberia écrit des romans, des articles, un podcast et, donc, une newsletter ! C’est celle-ci qui m’a donné envie de lire le très dur mais très instructif La Prophétie des Sœurs-Serpents, le roman young adult d’Isis Labeau-Caberia. Elle est chercheuse, afroféministe, historienne et passionnante, quel que soit le support de l’information, et son rapport à la création est de ceux qui me parlent. Notamment dans son lien avec ses personnages 👀 Je vous laisse voir !

L’Entre-deux d’Eliza M.

Celle-là démarre tout juste ! Eliza M. a lancé L’Entre-deux pour préparer son incursion dans l’autoédition 👀 D’ailleurs, elle vous y propose son lien Ulule pour être averti-e du lancement ! Quoi qu’il en soit, Eliza nous propose une newsletter assez personnelle, puisqu’elle nous parle notamment de son « entre-deux » familial, entre le Québec et la Roumanie, qui lui a inspiré le roman qu’elle s’apprête à publier. Et dans l’une des dernières à l’heure où j’écris ces lignes, elle en a dévoilé la couverture ! Bref, j’adore les newsletters d’auteurices. Parce que j’adore lire sur ce qui me passionne, je suppose.

Le Journal intime d’Emilie Hemery

J’ai découvert Emilie Hemery sur Instagram, avec des posts sur Rage, un roman horrifique de sa plume. Encore une infolettre d’autrice ? Encore Substack ? Ouaip. Et Emilie Hemery est très, très plaisante à lire ! J’adore la formule, j’adore le ton et elle m’inspire autant dans mon propre taff qu’à lire ses romans. Son parcours est d’autant plus intéressant que c’est une autrice multi-genres – et d’une rapidité impressionnante, puisqu’elle a sorti… six romans en un an, c’est ça ? 🚀 Bref, sa newsletter s’appelle Cher journal intime, et elle sort souvent elle aussi !

La newsletter horrifique de Taous Merakchi

Connaissez-vous Taous Merakchi ? Les internets (mais pas que) la connaissent aussi sous le nom de Jack Parker. Elle écrit des livres, anime des podcasts, raconte des histoires d’horreur, regarde des films et partage avec nous ses réflexions. C’est une personne aussi intéressante qu’agréable à lire et à écouter. Ça se passe sur son Patreon – sa newsletter est payante, be prepared.

La fureur d’Aliks

On continue dans les newsletters sur Patreon avec celle d’Aliks, mais celle-ci est totalement gratuite. Au programme : lectures, visionnages, pop-culture en général, et aussi fragments d’un quotidien vécu avec la bipolarité. C’est souvent court, plutôt irrégulier, plein de douceur et très réconfortant ❤️‍🩹 [EDIT : Aliks est désormais sur Substack.]

La Correspondance de Jessica Djaafar

Retour sur Substack avec une autre personne que j’ai découverte sur Instagram, et c’est de sciences humaines et sociales qu’on parle ici ! Narjess nous partage ses réflexions sur la vie, de son point de vue de femme à la croisée de différentes oppressions, issue de différentes minorités. Elle partage des souvenirs, des tranches de vie, des pensées sur le vif, et des analyses poussées. Une infolettre à suivre de toute urgence.

Le Journal de bord d’Oriane

Oriane est une autrice qui écrit et publie de la SFFF depuis quelque temps, tout en étant encore beaucoup trop peu suivie. Elle a lancé son journal de bord il y a un mois, c’est tout frais – et plein de poésie ! Une newsletter d’autrice, donc, et une pépite cachée de l’internet francophone.

Les Cosmopoétiques de Sara Mychkine

Alors là mes ami-es, on parle d’une personne que j’admire beaucoup. Sara Mychkine a écrit l’un des plus beaux romans que j’aie pu lire, De minuit à minuit, et plusieurs articles et newsletters parfois un poil pointu-es pour mon cerveau, mais toujours très inspirant-es. Iel écrit aussi Cosmopoétiques du souffle sur Substack, à propos notamment d’histoire de l’art d’un point de vue décolonial. Un must-read.

La newsletter de Jo Riley-Black

La quantité de travail qu’abat cette personne m’impressionnera toujours ! Elle a lancé sa newsletter il y a deux mois si j’en crois Substack, et celle-ci est aussi intéressante qu’instructive pour les auteurices comme moi. Sa franchise et sa générosité font de son infolettre une de mes préférées, ainsi qu’une source d’inspiration et de motivation ! Au programme : quotidien d’autrice, collaboration avec une agence littéraire et reviews culturelles.

La newsletter de Manon Segur

Manon Segur est l’autrice du génial L’Étreinte du roncier et, en général, d’histoires bien gothiques comme on aime. Elle lance tout juste sa nouvelettre ! Son univers est ultra inventif et personnel et c’est une amie chère, il était donc écrit que j’aimerais ses mails ! Vous pouvez découvrir dans ses archives sa voix passionnée, souvent pleine d’humour, ainsi que ses recommandations culturelles et ses dessins !

Les mémos d’Abrüpt

Mémo, c’est pour Messages de l’Étrange et des Mondes Obliques. Leur truc, chez Abrüpt, c’est l’antilivre (en gros, désacraliser l’objet livre, conserver sa liberté de création et de partage, tout ça – leur manifeste explique mieux que moi (je crois)). On peut désormais recevoir certains de leurs écrits par mail – et continuer à les suivre par la même occasion sur ces internets qui, comme iels le disent, se rétrécissent. J’ai eu dernièrement un coup de cœur pour ce texte (qui a un peu une vibe des Pleurs du Vide) publié sur un autre de leurs sites, Error (qui a aussi une vibe de LPdV).

Les monstres de Hello Weirdo

Hello Weirdo écrit Of Sacred Monsters, en français et en anglais. Comme son titre l’indique, cette newsletter parle d’horreur, dans la pop culture, sous toutes ses formes ! Elle est toute neuve à l’heure où je mets cet article à jour, son deuxième numéro est tout frais. Son titre : Horror is political. Eh ouais.

L’histoire de Nova

L’histoire d’une comète est une newsletter, là aussi, toute neuve. Nova nous parle avec beaucoup de poésie, de sensibilité et de passion de sa relation avec son univers. De ses personnages, de leurs histoires, de ce qu’ils partagent avec elle. De pourquoi ils existent, même s’ils sont enfermés dans l’imagination d’un·e auteurice. Je me retrouve pas mal dans ce rapport à l’écriture (je sais, c’est pas très étonnant). J’espère avoir un jour l’occasion d’en lire davantage de sa plume que les petits extraits qu’elle nous offre !

Les vibes de Fania Noël

Fania Noël est une sociologue et essayiste afroféministe. Elle est notamment l’autrice de 10 Questions sur les Féminismes Noirs, sorti en 2024, ou de Et Maintenant le pouvoir : Un horizon politique afroféministe, que j’ai très envie de lire. En attendant, je lis son infolettre ! Le dernier numéro analyse un angle important (et inquiétant, quand même) de la réception de la série Severance (qu’il faut que je regarde aussi, ne serait-ce que pour l’esthétique liminale). C’est intéressant, c’est bien expliqué, je recommande !

La Cabane de Mary Fleureau

Ou, très simplement, la newsletter de l’autrice de cet immense roman qu’est L’Autre Côté. Je suis vraiment surpris de ne pas en avoir parlé ici jusque-là ! (Peut-être parce qu’elle a changé de plateforme à un moment.^^) On retrouve sa plume toute en sensibilité dans ses articles que, personnellement, j’adore. Elle revient sur ses souvenirs, sur les histoires de sa vie qui nourrissent son écriture aujourd’hui, sur ses rencontres avec ses personnages. Le tout dans une ambiance cosy 🍂

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Le Pumpkin Autumn Challenge 2024 et « Stanley n’est pas mort » https://malonesilence.com/le-pumpkin-autumn-challenge-2024-et-stanley-nest-pas-mort Mon, 26 Aug 2024 13:54:40 +0000 https://malonesilence.com/?p=3173 Le Crépuscule des Phalènes : tel est le titre évocateur de l’édition 2024 du Pumpkin Autumn Challenge. Ce club culturel très populaire, créé par Guimause, a dévoilé ses nouveaux thèmes pas plus tard qu’hier 👀 Enfin, au lieu de thèmes, je devrais parler de « tableaux ». Pour la faire courte : […]

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Le Crépuscule des Phalènes : tel est le titre évocateur de l’édition 2024 du Pumpkin Autumn Challenge. Ce club culturel très populaire, créé par Guimause, a dévoilé ses nouveaux thèmes pas plus tard qu’hier 👀 Enfin, au lieu de thèmes, je devrais parler de « tableaux ». Pour la faire courte : chaque édition a sa thématique, elle-même divisée en grandes catégories – lesdits tableaux -, eux-mêmes divisés en catégories auxquelles faire correspondre une œuvre. Je vous invite à lire la page dédiée sur le blog de Guimause, qui vous expliquera tout ça mieux que moi, ou à regarder la vidéo sortie hier :

Mais il est très probable que vous connaissiez déjà le fameux PAC 🎃

Pumpkin Autumn Challenge 2024 : Le Crépuscule des Phalènes

Guimause a choisi le romantisme pour la thématique de cette huitième édition du PAC, et ça, ça tombe bien :

Ce mouvement met en exergue toutes les nuances des émotions, des plus belles aux plus sombres. […] Il est rebelle sauvage, sensible, intérieur, introspectif, lyrique, fantasque, chimérique, torturé, rêveur.

Guimause sur la page Pumpkin Autumn Challenge – Le Crépuscule des Phalènes du blog Arsaether

J’ai souvent parlé de l’importance de l’introspection et des émotions dans Les Hurlements noyés (et le lectorat aussi !). Est-ce qu’on peut parler de romantisme, pour LHN ? Je l’ignore, mais j’aime bien l’idée (ça en jette un peu, qu’on se le dise 😄). Ça colle aussi avec mon gothisme forcené !

Cette édition du Pumpkin Autumn Challenge s’appelle Le Crépuscule des Phalènes. Voilà ce que Guimause nous explique dans son article :

Le papillon de nuit […] est le messager traversant les mondes, oscillant entre la vie et la mort. Comme le crépuscule, il est symbole du basculement, de la transformation, de la métamorphose. Le passage même de son stade larvaire à son éclosion fait de lui un être à la fois merveilleux, magique et inquiétant.

Je sais alors que cette nouvelle session est le lieu de rencontre des opposés, la jonction, l’état transitoire entre la lumière et l’obscurité, entre le jour et la nuit, entre l’été et l’hiver. C’est le début et la fin, dans toute son évidence et sa complexité. On s’intéresse à ce qu’il se passe de l’autre côté du miroir, on cherche le verso du recto.

Ibid.

Pourquoi ce sont toujours les autres, y compris les gens qui ne vous connaissent pas, qui trouvent mieux que vous les mots pour parler de vos romans ? C’est terrible, quand même. Du coup, merci, Guimause, de m’aider à parler des Pleurs du Vide ! Là… j’ai rien à ajouter 🫢 (Je reste sacrément littéral, quand même.)

Et ça, c’est pour Stanley n’est pas mort dans son ensemble, car pourquoi s’arrêter en si bon chemin :

Le Crépuscule des Phalènes est le lien […] entre l’horreur et la douceur.

Ibid.

Je dis pas que c’est l’édition idéale pour découvrir les deux premiers tomes de la trilogie mais… mais on est bien dans le mood !

Stanley, pour quels tableaux du Pumpkin Autumn Challenge 2024 ?

Automne frissonnant : pourquoi pas ?

Le tableau le plus évident, c’est bien sûr Automne frissonnant, sombre et horrifique comme on aime 👻 Et pourtant, ce n’est pas à celui-ci que je pense en premier pour cette édition ! Bien sûr, les deux premières catégories, L’esprit et le corps en un instant séparés […] et Fenêtres cassées, portes ouvertes, peuvent correspondre aux Hurlements noyés.

Pour la première, je pense évidemment à mes deux personnages d’adelphes maudits, Steph et Vicky, ou même à l’amitié qui unit Steph (un fantôme) à Stanley, notre médium qui a du mal à tirer du positif de sa condition. En revanche… si vous cherchez une comédie (cf le dernier mot-clé de la catégorie), je crains que vous ne soyez au mauvais endroit ! En revanche, Fenêtres cassées renvoie assez clairement à l’emprise plus ou moins faillible de Lumière sur sa secte, sur le monde, peut-être sur Stanley… Mais bon, ne suivez pas la lumière, c’est ce que je vous dis toujours 👀

Automne crépusculaire : là, on tient quelque chose !

Vous avez vu la première catégorie, Le règne des phalènes ? Matez-moi ces mots-clés :

Âme – Vie – Mort – Messager – Magie – Transformation – Ombre – Animal – Nocturne

Ibid.

Cette catégorie du Pumpkin Autumn Challenge fait même appel au chien Hook, qui apparaît dès Les Hurlements noyés avec sa meute pour guider les personnages… A moins qu’il ne joue les chiens psychopompes ?

(Faut vraiment que j’arrête de nerdiser sur mon propre univers.) (Bientôt une bibliographie sur les chiens ? Oui.)

Deux autres catégories peuvent correspondre : Voyageuse contemplant une mer d’étoiles, pour le côté mélancolique, lyrique et onirique de la saga, et La chute de l’or ailé pour… Est-ce que je spoile si je vous le dis ? Disons que ça correspond pas mal à Stanley, métaphoriquement parlant. Mais Lumière préfère penser que c’est pour elle… Et, plus simplement, Stanley n’est pas mort est une trilogie chorale. J’aime (trop) beaucoup (trop) de mes personnages !

Automne douceur de vivre : pour le côté engagé de la trilogie

Ce n’est pas ce que je mets le plus en avant, quand je parle de Stanley n’est pas mort, mais c’est un fait : cette trilogie reflète mes convictions – du moins ai-je tout fait pour ! (De toute façon, quand vous écrivez, votre vision du monde ressort forcément.) Bien que ce ne soit pas le thème central, ça a son importance. Déjà parce qu’à mes yeux, tout est lié, le personnel et le politique ; ensuite parce que, comme Vicky, je suis à 50% constitué de colère intérieure, et à 50% d’amour pour les gens et le monde. Cocktail contradictoire au premier coup d’œil, mais qui fait inévitablement sens dans nos sociétés actuelles.

Ce Pumpkin Autumn Challenge nous propose un tableau Douceur de vivre axé notamment sur la tendresse, le foyer, la famille (il y a une found family dans LHN, non ? 👀), la singularité (catégorie Take care of cinnamon homes), le féminisme, la déconstruction et le genre (La délicieuse malaventure de Sadima), l’amitié, la santé mentale ou la lumière (Cad, je suis contente d’être tombée de cet arbre !). Pour le côté engagé de la trilogie de Stanley, donc… et son côté tendre, moins évident au premier abord. Mais la tendresse est aussi un engagement, non ?

C’est tout pour moi, chose your fighter !

J’espère que ce petit article vous aidera à constituer votre PAL du PAC et, qui sait ? à caser Stanley quelque part dans tout ça !

Bonne lecture à vous, merci à Guimause pour le Pumpkin Autumn Challenge, et ne suivez pas la lumière !

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