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Mon roman est terminé. Après tout ce temps, Les Hurlements noyés va faire sa vie.

Parce que, eh, ça fait quand même plus de dix ans. Les Hurlements noyés, c’est sacrément long, comme histoire. Je crois que le roman l’est moins à lire. Non ?

En tournant la page de LHN, en intégrant le fait que ce roman est terminé, je mets aussi pas mal de choses derrière moi. C’est ultra bateau, ultra cliché, mais pensez : la date où j’ai achevé les corrections finales coïncide avec l’anniversaire (approximatif, évidemment) de mon dernier épisode dépressif majeur. Ouaip, un an d’envie de vivre, et le point final du tome 1 de Stanley n’est pas mort. Si c’est pas symbolique, ça !

OK, ça, c’était pour le point « je dis au revoir à LHN et à la partie de ma vie qu’il m’a aidé-e à surmonter ». Je m’étendrai pas plus dessus, je crois que je l’ai assez fait !

Et à part ça ?

C’est bizarre, c’est le vide, peut-être. C’est la fin d’une aventure de dix ans, celle qui a donné un sens à ma vie jusque-là. Qu’est-ce qu’il me reste ? La suite de la trilogie, évidemment. La suite de l’écriture du tome 2, Les Pleurs du Vide. Si j’ai peur de la fin de la trilogie ? Je me pose la question. Oui, on peut se la poser, malgré les spin-offs qui m’attendent. J’ai repris celui de Lucien, récemment. C’est celui qui m’inspire – mais mes personnages m’appellent aussi, de plus en plus fort, pour le tome 2. Tome 2 dont j’ai peut-être un peu peur.

Quand j’ai commencé à écrire Les Pleurs du Vide, j’étais à l’hôpital pour dépression grave. Les premiers chapitres de ce tome m’ont été d’un immense réconfort entre ces quatre murs. Je ne pourrais pas les réécrire aussi bien, avec la même intensité, alors qu’aujourd’hui mon état d’esprit a à ce point changé. La suite des Pleurs du Vide, dans ce proto-jet de 50 000 mots que je n’ai pas achevé à l’époque – je sentais que j’allais devoir reprendre, que ça coinçait quelque part, que j’avais loupé un truc – a fait partie de ma thérapie. Alors la question se pose : suis-je toujours en mesure d’écrire ce tome ? Suis-je trop loin de l’âme du tome lui-même désormais, ou au contraire… suis-je plus fort-e et mieux armé-e pour revenir dessus ? Ou bien y a-t-il un risque que Les Pleurs du Vide me fasse rechuter ?

Superflues, ces questions ? Je n’en sais rien. Je sais juste que mes personnages m’appellent, et qu’en attendant, je me rassure en extériorisant quelques trucs avec Lucien.

C’est la première fois, vous savez. Pas la première fois que je finis une histoire, mais la première fois que je l’achève, en tout cas sous format long. Mon premier roman est terminé, ouais. Si l’on peut dire que c’est mon premier, parce que j’ai écrit tant de choses avant… Mais je n’étais jamais allé-e aussi loin, avant Les Hurlements noyés. C’est exaltant, c’est flippant, c’est stressant aussi. J’attends que la maquette à envoyer à l’imprimeur soit prête. Et je me consume de stress. Pour le résultat final, pour les conneries que je pourrais faire… La crainte de tout foirer. Inutile de vous faire un dessin, je suppose.

Ajoutez à ça un retour en grande pompe du syndrome de l’imposteur – Jean-Mie pour les intimes – et cette pensée qui, parfois, se pointe dans la nuit : « Pourquoi je me suis lancé-e là-dedans ? »

Voilà où j’en suis. Mon roman est terminé, et si j’ai éprouvé le soulagement et la satisfaction attendu-es au départ, il se trouve que, maintenant, j’erre un peu. C’est si bizarre.

Photo by Cristian Farmbrough on Unsplash


1 commentaire

"Les Pleurs du Vide" : chronique d'une écriture chaotique - Malone Silence · mai 16, 2022 à 2:17

[…] septembre dernier, je terminais l’écriture de LHN. Et puis, le sentiment de vide, et l’envie de continuer, et la peur d’avancer. Si vous […]

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