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« Je croyais que tu faisais de l’autoédition aussi pour qu’on te fiche la paix ? Mais du coup tu demandes à des gens de te relire ? Tu as des BL ? Tu sollicites le regard d’autrui ? »

Alors : oui, parfois, pas toujours, quand il le faut ? Bon, on va essayer de répondre aux questions dans l’ordre. Ce sont surtout des questions que je me suis posées moi-même, en réalité, et ce pendant toute la gestation des Hurlements noyés. Quelque part entre souhait de bien faire, souci de légitimité, ce genre de choses. Si vous êtes auteurice, il y a des chances que vous sachiez de quoi je parle ; peut-être que vous avez fait appel à des beta-lecteurices, ou BL. Et sinon, eh bien, répondons à la première question :

AL, BL, SR : qu’est-ce que c’est ?

En ce qui me concerne, « BL » est le sigle que j’ai vu le plus passer, et j’ai su ce qu’était la beta-lecture avant l’AL et la SR. Si c’est aussi votre cas, on est sur la même longueur d’onde !

La BL, c’est donc une relecture de votre manuscrit ou tapuscrit. Ou plus exactement, sa lecture par des lecteurices-test. (Du coup, BL signifie à la fois, dans cet article comme dans pas mal d’endroits sur Internet, beta-lecture et beta-lecteurice.) Il s’agira tout simplement de demander à autrui de lire son histoire et d’en faire un retour constructif. Le but, c’est d’améliorer votre écrit, tout simplement. Les regards croisés sur votre manu/tapuscrit peuvent vous apporter un éclairage bienvenu si vous en ressentez le besoin.

L’AL, c’est un peu différent. Il s’agit là d’alpha-lecture ; là où la BL se concentre sur une version finie d’un manu/tapuscrit, l’AL vous accompagne pendant l’écriture. En gros, elle peut prendre la forme d’une BL chapitre par chapitre, ou d’un réel coaching paragraphe par paragraphe (pourquoi pas, si ça vous dit ?), ou même intervenir sur le scénario en cours de construction… Bref, la différence entre AL et BL, c’est l’étape d’écriture.

Et la SR, alors ? Ça, c’est la sensitivity reading. Si vous traitez de problématiques sociales, de thèmes difficiles, si vous écrivez des personnages appartenant à une minorité dont vous savez peu de choses etc, les sensitivity readers sont là pour vous aider. C’est un type particulier de BL, qui s’attachera surtout aux messages véhiculés de façon intentionnelle ou non ; pour s’assurer que ce que l’on exprime est en accord avec nos valeurs, c’est particulièrement utile.

Et en plus des SR, on peut compter de nombreuxes consultant-es dans différents domaines si l’on veut un récit aussi réaliste que possible, des scientifiques aux praticien-nes d’un certain métier. (Tenez, pour le plaisir, j’ai retrouvé ce Tumblr en anglais où un-e médecien-ne renseigne les auteurices sur l’impact de blessures !)

Mais comment on engage un-e BL (ou AL, ou SR) ?

Il y en a plein les réseaux sociaux et Internet. Vraiment, des BL, il y en a partout. Donc pour ce qui est de trouver, vous avez davantage l’embarras du choix qu’autre chose. Quelques critères de choix peuvent vous aider : certain-es BL travaillent dans certains genres plutôt que d’autres et les prix varient également. Oui, parce qu’étant donné la galère générale, l’activité de beta-lecture tend à se professionnaliser.

« Mais je peux tout aussi bien demander à mes potes/connaissances de s’en charger, non ? » Ouaip. Ça dépend de vos moyens, de ce que vous êtes prêt-e à investir, de vos attentes aussi. A vous de mesurer le pour et le contre ! Les correcteurices (grammaire, orthographe etc) sont souvent payant-es également (tout comme en maison d’édition, eh oui). De même que pour les SR, amené-es à travailler sur les œuvres de personnes privilégiées par rapport à elleux et qui peuvent réveiller certains traumas, et pour qui le travail peut donc être éprouvant.

(Oui, ça vous fait un aperçu de ce que la campagne Ulule de LHN a dû m’aider à payer !)

Comment travailler avec un-e BL (ou AL, ou SR) ?

(ou quelques trucs que j’aurais aimé savoir avant)

Retour sur les critères de choix des prestataires. Parce que, quand même, c’est votre bouquin, c’est votre travail à la base, donc autant que la collaboration se passe bien et réponde à vos attentes – surtout en autoédition, vous même vous savez.

Un point que j’avais donc négligé avant de choisir mes BL et dont je n’entends pas vraiment parler : si vous et votre/vos BL n’avez pas la même vision de l’écriture/de la création ou de la lecture, ça peut être compliqué. Ça peut être aussi ce que vous recherchez, afin d’avoir un regard totalement différent et de nouvelles perspectives sur ce que vous écrivez. En ce qui me concerne, ça peut me faire péter une durite, mais ça remet aussi l’ego à sa place, c’est pas plus mal !

Ensuite, quand vous avez choisi un-e BL, il peut être utile de discuter en amont des points importants. Un genre d’annexe au contrat qui vous lie, pourquoi pas ? (Ah bah oui, si on veut faire les choses sérieusement, mieux vaut qu’il y ait contrat. C’est une personne qui n’a eu des problèmes qu’avec des gens auxquel-les elle n’était pas liée par contrat qui vous dit ça !) Dans certains cas, notamment la SR, les points à travailler sont de toute manière précisés dans le devis avant signature du contrat – et le prix varie en fonction. Du coup, la réflexion s’impose d’emblée. Mais si vous avez signé pour une AL/une BL sans autre précision, vous poser ces questions peut valoir le coup :

  • Est-ce que je veux des remarques sur l’entièreté du manu/tapuscrit, ou seulement sur une partie ?
  • Est-ce que j’attends des remarques sur l’histoire, sur les personnages, sur le style… ? Qu’attends-je de ce regard extérieur ?
  • Sous quelle forme je préfère recevoir les commentaires : en marge du document, directement dessus et d’une couleur différente ? … Et sur quel ton ? (Bon c’est tout bête, mais ça peut compter !)

Ah, et le contrat peut comporter bien évidemment un accord de confidentialité, si jamais vous craignez le plagiat, les spoilers, ce genre de choses. A titre personnel, j’ai du mal à imaginer les BL professionnel-les s’amuser à ça – ce serait se vider un chargeur dans le pied – mais rien ne vous empêche de prendre des mesures de prévention si l’éventualité vous inquiète.

Dans tous les cas, n’oubliez pas : l’auteurice, c’est vous !

Si on engage un-e prestataire pour une AL, une BL ou une SR, c’est parce qu’on en attend quelque chose. En tant qu’indé, vous voulez travailler seul-e sur votre texte de A à Z ? Rien ne vous en empêche dans l’absolu – encore moins si vous publiez gratuitement sur Internet. Toustes ces prestataires sont là pour vous aider si besoin. Vous ne voulez solliciter ni AL, ni BL, ni même correcteurice ? Vous en avez totalement le droit.

« Mais alors, pourquoi as-tu dit que tu faisais appel à des SR quand il le fallait ? » J’écrirai un article à part sur la senstivity reading, probablement sous forme de FAQ. En attendant, pour revenir à ce que je disais plus haut : je veux être sûr que ce que je fais est en accord avec ce que je veux transmettre. Pour faire très court et pour ne pas m’étendre sur trop de paragraphes supplémentaires.

Et toi, Malone, est-ce que tu feras de la BL ou de la correction un jour ?

Ça, l’avenir nous le dira.


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