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Deux ans d'aboiements dans vos boîtes aux lettres 🐶

Est-ce qu'on se souhaite encore la bonne année, en février ? 👀
Après le mois de janvier qui s'achève, souhaitons-nous en tout cas une bonne année de luttes, les gens. Rejoignons des associations, filons-leur de la thune, relayons la parole, prenons soin de nos proches aussi.
Portrait d'un golden retriever souriant à la caméra
Pour nous encourager, voici une photo de doggo.


C'est le bon moment pour ressortir W. A. R., non ? J'ai envie d'écrire d'autres nouvelles rageuses comme ça, de les regrouper en recueil numérique et de tout mettre en accès libre, et je suis content d'avoir ce projet en tête. C'est le genre de truc qui fait sens, en ce moment, qui fait sens tout court pour moi. Les idées germent déjà, je les note, et parfois je m'imagine placarder partout les nouvelles qui en émergeront pour hurler, hurler, hurler avec les autres. Une autre manière de faire front commun, de façon cathartique, même si c'est pas grand-chose. C'est pas grand-chose, mais c'est quelque chose qui a du sens.


... J'étais pas censé fêter l'anniversaire de la Woof'letter, moi ? Eh bien, écoutez... bonne fête à nous ! Je suis toujours très touché du soutien que je reçois, de voir que cette infolettre intéresse des gens, voire fait du bien à certain·es. De base, elle était surtout là pour mon lectorat, et donner envie à d'autres de me lire - et c'est toujours le cas, d'ailleurs vous ai-je parlé du Ulule du troisième et dernier tome de Stanley n'est pas mort qui se lance le 4 avril prochain ? 🦉

(pensez à noter Ulule comme expéditeur de confiance dans vos mails, histoire que la notification ne se perde pas dans vos spams le jour du lancement, il me semble que ça arrive de temps en temps !)

Bref, cette newsletter est devenue mon canal de communication préféré. Il y a de la place pour écrire, c'est personnalisable, c'est moi qui héberge (enfin, c'est mon hébergeur mais vous voyez ce que je veux dire), je sais que vous me recevez, et j'ai découvert un moyen d'échange franchement chouette. Même en tant que lecteur, j'aime de plus en plus les nouvelettres (ouaip, ce terme existe aussi) et j'en ai même fait un article évolutif. (Parce que oui, le blog reprend enfin du service ! Vous pouvez aussi y lire mon humble hommage à David Lynch. Faut que je regarde Lost Highway, il est encore sur France TV.)

Merci donc à vous d'être là, depuis deux ans ou moins longtemps, merci aux personnes qui viennent juste d'arriver, j'espère que vous vous plairez ici ! Enfin... techniquement, c'est un mail, donc c'est plutôt moi qui arrive chez vous... J'espère que ma compagnie vous sera agréable, du coup !
Bannière décorative reprenant le design de la couverture des Hurlements noyés. Dessinés dans un style médiéval sur fond rouge, des lévriers luttent contre les flots déchaînés. Illustration par Maquenda.

Le bilan culturel de cette Woof'letter ⏯️

  • J'ai vu Evil Dead 2 et j'ai bien rigolé ! Je suis toujours aussi fan d'Ash Williams, un peu moins des scènes où les branches attrapent des meufs, qui me mettent toujours très mal à l'aise, et jamais déçu de cette mise en scène hyper inventive. La tête de cerf me hante un peu. ^^
  • Du coup, j'ai aussi regardé la vidéo de Corn Pop sur les secrets de tournage des trois films de la saga. Bon, elle spoile un peu le troisième film, que j'ai pas encore vu, mais pas assez pour me couper l'envie de le regarder - c'est même plutôt le contraire !
  • J'ai vu Host sur Shadowz, c'est un petit film court (moins d'une heure), dont l'histoire est toute simple : une bande de potes se lance dans une séance de spiritisme sur zoom et, bien évidemment, ça tourne mal. Malgré une fin dont la cohérence me laisse incertain en termes de mise en scène, ça fait toujours plaisir de voir des réals exploiter correctement ce genre de format, à l'image du très malin Deadware dont, en plus, j'adore le cachet. Le fait de condenser l'histoire/de ne pas l'étirer pour dépasser l'heure de visionnage juste pour la dépasser, ça me parle aussi ! Et devinez quoi ? J'ai eu peur.
  • Comme je vous le disais le mois dernier (l'année dernière xptdrrr) j'ai vu Nosferatu avec mon frère, et j'en ressors plutôt partagé. Je suis certain 1) que le film est incroyable sur la forme, avec des plans et une musique qui inspirent bien comme il faut, 2) que j'ai aimé Lily Rose Depp... et qu'en même temps j'ai eu l'impression que Robert Eggers voulait refaire la Mina de Winona Ryder à sa sauce (c'est peut-être ma prosopagnosie qui parle cela dit) 3) que les acteurices jouent toustes bien d'ailleurs 4) que j'en attendais plus sur le fond. En très gros. Mais 5) j'ai passé un bon moment. Bref trois étoiles sur Letterboxd (si vous voulez m'y suivre c'est là). J'ai aussi visionné la critique, toujours passionnante, de Demoiselles d'Horreur sur le film, et lu l'article d'Eve Antonov qui est cool aussi.
  • J'ai commencé à m'intéresser sérieusement à Overbookées, un club de lecture et podcast livresque sur les voix minorisées du secteur, et c'est aussi intéressant que ça en a l'air ! Tous les liens sont ici, si ça vous branche.
  • Puisqu'on est sur les podcasts : Aya Balbuena, autrice dont j'adore la vibe, a lancé le sien ! Le deuxième épisode est tout juste sorti et fait intervenir Glenn Tavennec, un directeur éditorial du Seuil.
  • Un peu de musique avec Perverts, le nouvel album d'Ethel Cain que je connaissais très peu. Le fait est que j'avais déjà glissé quelques-uns de ses morceaux dans une playlist - celle du roman de Lucien, évidemment, auquel je n'arrive pas à trouver de titre qui convienne aussi bien que Jusqu'au bout du monde, du coup on va peut-être le garder même si deux ou trois livres portent déjà ce titre sur le marché BREF - et quand j'ai lancé l'écoute de Perverts, je me suis demandé comment j'avais pu oublier cette artiste. C'est très horrifique, très nightmare core (je sais pas si cette appellation existe mais elle convient, enfin je crois, purée Malone commence pas à inventer des termes comme les journalistes de droite là), très... ouais, très backrooms quelque part ! (J'ai une playlist qui s'appelle Best of Backrooms, je la pose là avant de quitter Spotify, servez-vous.)
  • J'ai fini de lire Je pleure encore la beauté du monde, lecture faite dans le cadre du club de lecture de Souris de Coton, et... en fait c'est un Disney. OK, je suis peut-être un peu dur, et certains thèmes abordés sont pas vraiment Disney-friendly. C'est cette fin, en fait, qui détonne avec le reste. C'est cool, l'accalmie après la violence, entendons-nous bien ; mais pour le coup, je n'y ai pas cru. C'était cool quand même et les louveteaux étaient adorables 🐺
  • Mélanie Toubeau a sorti une vidéo sur un sujet qui vous parlera certainement si vous êtes de ma génération ou de celles d'avant : les rires enregistrés sur les sitcoms, et pourquoi c'est utilisé alors que ça nous gonfle, et pourquoi ça fonctionne quand même.
  • Kane Pixels, créateur de la saga des backrooms qui lui a valu un contrat avec A24, se lance dans une nouvelle série très intrigante. Le concept est simple : le let's play d'un jeu vidéo à l'esthétique typique des années 2000 : ambiance sonore minimaliste, graphismes et gameplay de cette simplicité étrangement inquiétante, et une menace difficilement identifiable mais qui nous serre les tripes dès le premier épisode. Les théories vont déjà bon train dans les commentaires.
  • La dernière de Skull m'a fait pas mal d'effet. TW pensées suicidaires, tout ça ; c'est de l'horreur existentielle bien badante. Un peu de doutes sur la fin, là aussi, niveau cohérence, genre... est-ce que c'était le bon format pour cette creepypasta, pour ce concept-là ? Cela dit, c'est toujours un plaisir d'écouter Skull.
  • Daria arrive sur France TV - et sur leur chaîne YouTube ! (Chez moi ça marche pas sur le site de France TV pour une raison inconnue, alors que pour les films ça va tout seul.) J'avais jamais vu cette série dont j'ai entendu beaucoup de bien ces dernières années, c'est l'occasion pour moi de la découvrir. Je sais pas si le fait que je kiffe Jane est étonnant - sans doute pas ! Une série animée plutôt très moderne, je trouve. Bon, la grossophobie de l'épisode 4 de la saison 1 n'a pas été une surprise très agréable.
  • Vous avez aimé Skinamarink (The House en VF) ? Vous aimerez Heck (merci encore à Deraal pour la découverte !) Parce que Heck... c'est le court-métrage qui a engendré Skinamarink. Peut-être que ça peut parler davantage à certaines personnes sous format court - ce serait compréhensible, j'adore Skinamarink mais c'était vraiment pas gagné les 30 premières minutes x)
  • Instant gros cerveau™ avec deux articles sur les liens entre capitalisme, SF et fin du monde. En gros. Je les ai trouvés intéressants, du coup je les pose ici et ici.
  • Abrüpt a lancé sa newsletter ! Je vous invite très fort à aller voir ce qu'iels font. Leur truc, c'est l'antilivre (en gros, désacraliser l'objet livre, conserver sa liberté de création, le partager librement, tout ça - leur manifeste explique mieux que moi (je crois)). Et maintenant, on peut recevoir certains de leurs écrits par mail - et continuer à les suivre par la même occasion sur ces internets qui, comme iels le disent, se rétrécissent. Sinon, j'ai eu dernièrement un coup de cœur pour ce texte (qui a un peu une vibe des Pleurs du Vide) publié sur un autre de leurs sites, Error (qui a aussi une vibe de LPdV).
  • Autre newsletter très agréable à lire qui se lance, celle de Nova, autrice à l'univers aussi riche que sensible dont les mots sont une caresse pour le cœur.
  • Et de trois ! Hello Weirdo, qui nous lit cette infolettre un moment maintenant (coucou !) sort également la sienne et ça promet d'être très cool : science-fiction, horreur, analyses littéraires... Miam. Abonnez-vous.
  • Évidemment, j'ai vu le dernier Findings et évidemment, la fin m'a ému. Avec des réflexions sur la réception de l'art dans lesquelles je me suis beaucoup retrouvé.
  • J'ai fait ma première édition du festival angevin Premiers Plans ! Une édition qui a super bien marché d'ailleurs, en dépit du contexte politique et culturel vraiment pas ouf. Quoi qu'il en soit, je me suis fait trois séances, dont deux dans le Grand Théâtre dont je n'avais jamais vu l'intérieur (ça a de la gueule). Trois découvertes donc, avec une très bonne ambiance en salle :
    • In The Mood For Love : totalement à la hauteur de sa réputation, merci Wong Kar-Wai pour les travaux, j'ai kiffé, bref tout a déjà été dit sur ce film je crois, alors je dirai juste qu'il m'a marqué et que je suis content.
    • Démoni : je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, juste à un film d'horreur que les intervenants nous ont décrit comme fait pour le fun par Lamberto Bava dans les années 80. J'ai passé une des meilleures séances de ma vie devant ce petit film très parodique, avec un public super investi qui s'enjaillait sur les morceaux de metal impromptus et applaudissait en riant lors des scènes les plus improbables du film, c'était trop bien. (Aucune idée de la raison pour laquelle un étudiant assis dans ma rangée a littéralement changé de pantalon avant que le film ne commence par contre 👖)
    • The Brutalist : vu, en avant-première, pour une raison évidente (si vous venez tout juste de vous abonner, Adrien Brody est le facecast de Lucien). J'en suis sorti sous forme de pierre à sel : c'est trop long, c'est chiant, c'est même pas un biopic (bon j'aurais dû me renseigner davantage mais du coup WTF ce scénario - et en même temps lors de la séance je me disais que si le perso avait vraiment existé, certaines parties de l'histoire n'auraient probablement pas été racontées) c'est sexiste, c'est sioniste (vraiment sortir ce film en 2025... Retenez-moi) et si vous voulez mon avis, l'IA utilisée pour modéliser des bâtiments s'est aussi occupée du scénario. Non parce que je ne comprends toujours pas pourquoi ces deux scènes de viol absolument abominables. Bon écoutez, à titre personnel, ça fait deux bonnes séances sur trois.
  • J'avais aucune fichue idée de ce qu'était la "nouvelle vague" dans le cinéma, mais fort heureusement, nos vidéastes sont là. Ouaip, c'est encore le YouTube ciné, cette fois avec Clararunaway qui nous explique ce qui se cache derrière ce terme, et sans prendre personne de haut - au contraire - ce qui fait toujours plaisir dans le milieu.
  • Fashion Quiche a entamé une série de vlogs de type... chit-chat makeup ? Je suppose que c'est ça. Le sujet du deuxième épisode : le syndrome des ovaires polykystiques, dit SOPK, et comment le traiter sous un angle féministe tout en prenant soin de soi, en essayant de faire le tri entre ce qu'on veut et les injonctions patriarcales, tout ça, vous connaissez. Et bien sûr, on parle aussi errance médicale et sexisme dans le milieu, parce que dans ce monde de mecs, rien n'est assez chiant.
  • The Peculiar Club se lance dans l'horreur, première agréable surprise. La deuxième, c'est que même si les premiers sujets sont à la mode sur les internets, Cristina m'a déjà appris des trucs, notamment sur l'horreur sur TikTok (bon, en même temps, j'ai pas TikTok) ou encore l'existence d'un "Mr Kitty", parfaitement terrifiant, dans les backrooms. Vraiment, il me file des frissons - alors qu'a priori, c'est une entité plutôt amicale. Est-ce que le musicien du même nom s'est inspiré de lui, à votre avis ? ([TW pédocriminalité] OK, je viens d'apprendre sur la page Wikipédia du type qu'il a envoyé des nudes à des gosses. Si son pseudo vient de la créature (son étage des backrooms est une chambre d'enfant toute rose), ça rend le tout encore plus glauque. Je vais nettoyer mes playlists, hein. (Encore.))
  • On termine avec YouTube (et en espérant que Peertube perce pour de vrai) avec ma dernière découverte : la chaîne Le livre hostile. La dernière vidéo parle de révolution en littérature, ce qui est plutôt adapté à la période, là encore. Et ça m'a fait du bien.
  • Si on sombre ce sera beau ; tel est le titre (que j'adore) de l'album de Solann qui vient tout juste de sortir. Évidemment, c'est un album qui résonne fort - je pense notamment à Tout cramer ou à Les ogres qui tombent très à propos. Le genre de chansons où les paroles ont tout autant d'importance que la mélodie, et un travail d'orfèvre si vous voulez mon avis !
  • FKA twigs a sorti son nouvel album ! Il s'appelle Eusexua et il est vraiment très très cool. Au passage, elle parle de son processus créatif sur Libération - et si comme moi, vous n'êtes pas abonnæ...
  • ... vous pouvez passer par le pass lecture de la BnF ! Pourquoi c'est intéressant ? Parce qu'il vous donne accès à une grosse partie de la presse payante pour un tarif très réduit voire nul selon les conditions. Je suis presque sûr de mal l'utiliser - en soi, ça fonctionne, juste devoir lire de la presse écrite sous format PDF pour impression c'est pas ce qu'il y a de plus pratique - mais euh on va explorer ? [EDIT : J'ai retrouvé l'article explicatif d'Arrêt sur images, avec des liens utiles bien évidemment ! Il y a aussi ce thread pour qui a accès à Bluesky. Les gens sont quand même trop fort·es.]
Maria dans Silent Hill 2

Petit aparté sur Silent Hill 2 et le dernier article de Ache

Attention spoilers de Silent Hill 2 !

[...] c'est que James tue sa femme par haine, que toutes les circonstances s'alignent pour le décharger de toute culpabilité, et qu'il finit par braver sa conscience pour oublier. C'est un rêve profondément haineux que le jeu déploie, et dans lequel il propose à ses joueurs de se repaître.

Ces mots sont ceux de Ache, dans son dernier article de blog. J'ai déjà parlé de son travail des tonnes des fois, et j'en reparle ici, parce que Silent Hill. Ou pourquoi Konami a intérêt à faire le remake de Born From A Wish (le "DLC" du Silent Hill 2 original) également^^

C'est toujours frustrant de lire des écrits d'une personne plus intelligente et cultivée que toi à propos d'un sujet que tu ratisses en long, en large et en travers depuis plus de dix ans. OK, à ma décharge, ici on parle du remake plutôt que du SH2 originel, et quelques éléments semblent avoir été changés (James part avec Angela ??? Et le traitement du personnage de Maria est assez terrible). Mais j'avais raté tout ce côté autocentré de SH2, peut-être parce qu'on entrevoyait aussi l'univers d'Angela, allez savoir. Le fait que le jeu attire la sympathie sur James, en revanche... Disons que j'étais pas sûr pour l'original, où il est présenté comme plus ambivalent que dans le remake où il est doté d'un capital sympathie totalement hors de propos. Mais le fait est que, quand j'étais ado, avant de connaître la fin du jeu, j'étais attaché à James et, encore aujourd'hui, la fin Leave reste ma préférée. L'un dans l'autre... Tout est fait pour qu'on lui pardonne, et on en a envie parce que c'est plus confortable aussi, je suppose. Argh.

C'est une de mes hantises, de rater des points d'analyse. Déjà parce que j'ai peur d'être idiot - Vicky en parle dans Les Hurlements noyés, c'est terrifiant de savoir qu'on n'a pas les capacités de comprendre le monde, de penser qu'on aura peut-être toujours besoin d'autrui pour nous éclairer parce qu'on est paumé, qu'on avancera toujours dans le brouillard, vulnérable - ensuite parce qu'avoir l'air idiot me fait honte, et aussi et surtout parce que je crains, encore et toujours, de rater des trucs dans ce que je pourrais transmettre à travers mes histoires. De mentir, de (me) trahir, de faire du mal.

L'article parle aussi d'objectification et ça me rappelle qu'il faut que j'en parle dans Les Nuits du Dehors. Je veux dire... on parle littéralement de la relation d'auteurices avec leurs personnages, quoi. Il y a tant à dire sur le sujet, et j'y pensais dès le début de Stanley n'est pas mort sous sa forme actuelle. Ça dit aussi de moi des trucs que j'aime pas trop, d'ailleurs, mais c'est en creusant ce qui dérange qu'on avance. Bon, commençons par le commencement, Ache nous dit ça :

Lorsque l'on interagit avec le monde extérieur, on réduit toujours la personne en face à une version partielle d'elle, ce que l'on connaît, que l'on peut un peut maîtriser, on l'objectifie. C'est inévitable, et on est objectifié en retour : une relation saine ne peut éviter l'objectification, elle demande à ce que l'on reste conscient que derrière la version objectifiée, il y a aussi l'autre, qu'iel peut être plus que cette version objectifiée. Rendre tout conforme à l'idée objectifiée qu'on s'en fait, c'est une pulsion de contrôle. [...] Silent Hill 2 nous présente un monde où tout est objet, tout est contrôle, il n'y a pas d'Autre dans l'esprit de James. Mary aurait pu exister dans l'esprit de James. On aurait pu avoir la représentation de comment les autres habitent notre esprit, comme une force résolument étrangère, impossible à saisir et à contrôler, parfois douce et parfois inimaginablement violente.

Ça a résonné en moi pour deux raisons qui se rejoignent. Cette objectification, je la sens véritablement en moi depuis des années. Je me suis rendu compte que mon cerveau voulait s'accrocher à l'image des gens que j'aime, la posséder, la garder pour lui, et que cette image était (heureusement bordel) incomplète. Et c'est effectivement avec cette prise de conscience que j'ai commencé à avoir des relations saines et à aimer les gens pour de vrai. Accepter qu'on ne saisira pas une personne dans son intégralité, c'est ouvrir la porte à un amour immense, et c'est incroyable à expérimenter. Mais il m'a fallu du temps - et lire l'article de Ache m'a rassuré, genre c'est bon, c'est un truc que tout le monde vit, cette objectification est là, faut juste savoir la gérer.

Avoir des personnages auxquels je crois dur comme fer m'a en grande partie appris ça, à la gérer. Un personnage, tu peux t'en emparer, tu peux en faire ce que tu veux, c'est à la fois l'objet et l'image de l'objet (on dirait du vocabulaire de psychanalyste oskour). Plus tard, c'est aussi ce qui m'a permis de gérer certaines relations parasociales. Étape 1 : prendre conscience que tu n'aimes pas une personne (que tu ne connais pas) mais son image. Étape 2 : prendre cette image et en faire un personnage de fiction à qui tu inventeras tout ce que tu veux. Puis j'en ai eu moins besoin, puis plus besoin du tout. J'ai parfois rencontré ces gens, ces gens de ma réalité, pour simplement effleurer quelques minutes ce qu'iels étaient et prendre conscience qu'on ne se connaîtrait jamais, juste pour qu'on se reconnaisse mutuellement dans nos existences respectives, et j'ai trouvé ça magnifique alors que plus jeune, j'aurais juste trouvé ça triste.

... Comment je parle de tout ça dans mes écrits ? Vous verrez 👀 C'est un truc qui traverse Stanley n'est pas mort de façon très littérale, mais en fait, c'est là dans tous mes projets. Dans Le Monde à ses pieds et ses personnages qui veulent croire que leurs potes sont restæs les mêmes dix ans plus tard. Dans mon projet cyberpunk et l'amitié très exclusive et pas toujours équilibrée qu'il dépeint. Dans le roman de Lucien, évidemment, qui montre tout ça à la fois. Mes premiers romans, finalement, c'est un peu l'histoire de cette personne que j'étais qui ne savait pas comment aimer mais voulait sincèrement y arriver.

La conclusion de l'article est un peu ma conclusion à moi concernant Maria, aka le meilleur perso de Silent Hill 2, vous même vous savez, l'article teasé depuis un bail arrive, je pense avoir enfin trouvé comment l'écrire, je me mets beaucoup trop de pression pour ce truc. Et c'est à partir de cette idée et de Born From A Wish, le DLC qui donne une agentivité à Maria donc, que j'ai eu envie d'écrire une fanfiction sur elle. Elle s'appellerait Rends-moi la vie et on suivrait une vieille amie de Mary appelée à Silent Hill par ce qui reste de la mémoire de Maria, en gros. Ça pourrait être sympa à faire !
Bannière décorative reprenant le design de la couverture des Pleurs du Vide. Squelettes de chiens glitchés baignant dans une mer d'huile noire. Illustration par Maquenda.

Les ajouts du mois à mes playlists 🎧

Nouvelle rubrique ? Nouvelle rubrique.

J'ai pris conscience (encore) d'un truc, en exportant mes playlists sur LibreOffice Calc - et, auparavant, en les recopiant sur papier parce que je suis un idiot (je savais pas que l'export était possible... Il l'est, avec Spotlistr) doublé d'un anxieux, triplé d'un cliché d'auteur obsédé par son univers. (Genre si la fin du monde avait lieu, LE truc que je penserais à sauver/emporter avec moi, ce serait la base "physique" de mon univers : de quoi écrire, mes brouillons, mes playlists aussi si l'électricité devait encore fonctionner. Pour mes bouquins publiés, ils sont imprimés en un certain nombre d'exemplaires et existent dans la tête des gens, du coup ces mondes et personnages vivent, tout va bien, peut-être que je ne serais pas obligé de les embarquer avec moi, enfin je le ferais sans doute quand même. Évidemment, le jour où j'hébergerai un chien, celui-ci deviendra mon autre priorité. C'était quoi le sujet, déjà ?)

Bon, c'est une réflexion que je me faisais depuis mon arrivée (en 2022 ? 2023 ?) sur Spotify, en réalité : c'est tout con, mais je découvre énormément de musiques... sans en retenir les titres ni les artistes. Les sites de streaming seraient un modèle pérenne, ce ne serait pas grave. Si je me foutais de soutenir les artistes et de les voir en concert (quoique, dans les cas où on aimerait séparer l'homme de l'artiste, les plateformes d'écoute paient pour la plupart très mal), ce ne serait pas si important que ça non plus, bien que savoir ce que j'écoute, retenir les noms, ne serait-ce que pour les retrouver plus tard... ça me semble pas mal, comme concept. J'avais besoin de... me réapproprier les musiques que j'écoute ? Je ne trouve pas de meilleure formulation, disons les choses comme ça. Je crache pas totalement sur le streaming, j'ai fait des découvertes géniales par ce biais ! C'est juste que je découvrais peut-être un peu vite. Encore une fois, c'est pas grave (et en vrai ça nous arrive tous les jours à la radio, on s'en rend peut-être moins compte parce que les mêmes chansons tournent en boucle d'à peu près une heure selon mon doigt mouillé) ; mais j'aime me souvenir des œuvres que j'aime vraiment et qui, d'une manière ou d'une autre, finissent par compter.

Je me suis demandé si je ne pouvais pas poster mes playlists sur le site sous forme d'articles, mais ça me semblait plus chiant qu'autre chose. Déjà parce que certaines sont VRAIMENT longues - coucou la playlist de Stan qui contient plus de MILLE titres - et ensuite parce que mon site n'est pas une plateforme d'écoute et que ça ne me paraissait ni très pratique ni très intéressant pour vous à vrai dire. Du coup, j'ai pris le parti de vous plonger dans la vibe sonore de mon univers par petites touches, en newsletter - ça donne un côté "journal de bord musical", en plus, j'aime bien - en vous citant les titres découverts et/ou ajoutés à mes playlists au cours du mois écoulé. Je sais que ça intéressait certain·es d'entre vous, alors... bonne écoute ^^

Récemment ajoutées à la playlist de Jusqu'au bout du monde/le roman de Lucien, donc :
  • Boston Manor - The Day That I Ruined Your Life
  • Mylène Farmer - Mylenium
  • Peter Brötzmann & Heather Leigh - This Word Love
  • Imminence - A Sense Of Doubt
  • Dead On A Sunday - Wicked Game
  • Ethel Cain - Housofpsychoticwomn
  • Ethel Cain - Etienne
Côté playlists (au pluriel, oui) des Nuits du Dehors :
  • God Is An Astronaut - All Is Violent, All Is Bright
  • Owsey - A Cold Memory of You That's Beginning To Freeze Over
  • Bad Omens - If I'm There (elle est pour Noah, celle-là)
  • Ethel Cain - Amber Waves (quand je vous dis que j'aime cet album)
Bannière décorative représentant des tranches de pastèque et des étoiles.

Nour

Pour conclure cette Woof'letter, mon ami Nour, Palestinien coincé à Gaza avec sa famille, a toujours besoin d'aide pour survivre. C'est l'hiver, la situation est terrible et le sac de farine coûte plus de 200 dollars. Chaque don compte, n'hésitez surtout pas à les aider.

Prenez soin les un·es des autres et de vous-même, pensez au clic 🍉, et que les chiens veillent sur vous !


Malone Silence
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