Archives des personnages - Malone Silence https://malonesilence.com/tag/personnages Histoires hantées Tue, 28 Oct 2025 23:42:14 +0000 fr-FR hourly 1 https://i0.wp.com/malonesilence.com/wp-content/uploads/2021/02/logo-site.jpg?fit=32%2C32&ssl=1 Archives des personnages - Malone Silence https://malonesilence.com/tag/personnages 32 32 188410031 Hier, j’étais avec Noah. https://malonesilence.com/hier-j-etais-avec-noah https://malonesilence.com/hier-j-etais-avec-noah#respond Tue, 28 Oct 2025 23:42:12 +0000 https://malonesilence.com/?p=4675 Bientôt, Stanley n’est pas mort, ce sera fini. Et j’étire la fin comme un chewing-gum liant ma semelle au trottoir, ou l’inverse. Je n’en sais rien. Il reste encore du boulot, de toute façon. Plus que je ne le croyais. Alors je m’inquiète, parce que j’espère quand même sortir Les Lire la suite

L’article Hier, j’étais avec Noah. est apparu en premier sur Malone Silence.

]]>
Bientôt, Stanley n’est pas mort, ce sera fini. Et j’étire la fin comme un chewing-gum liant ma semelle au trottoir, ou l’inverse. Je n’en sais rien. Il reste encore du boulot, de toute façon. Plus que je ne le croyais. Alors je m’inquiète, parce que j’espère quand même sortir Les Nuits du Dehors avant 2026. Alors je suis rassuré, parce que je sais où j’en suis. Parce que je gagne encore un peu de temps, avant le saut dans le vide. Et j’écris des lettres, comme celle-ci, des lettres à mon univers. Des lettres à cette histoire qui m’a aidé à rester en vie pendant quinze ans.

Avec, au ventre, la terreur de perdre le contact. Stanley est de moins en moins souvent là. Vicky ne vient plus – iel est parti⋅e mener la révolution et sait que je læ ralentirais. Après tout, ça fait un bail qu’iel m’attend, et qu’iel accepte que Stan fasse sans arrêt les allers-retours. Habituellement, quand j’arrive à sortir pour faire les courses, il y a au moins l’un d’elleux (toustes, pas seulement Stan et Vicky) pour m’accompagner. Même Lucien vient, quand il est d’humeur. Mais ce que j’ai pu être seul, ces temps-ci. Peut-être que j’étais trop déprimé, ou que j’avais trop peur de laisser ce monde prendre vie, alors qu’il ne me demandait de toute évidence pas tellement mon avis.

Et puis, la semaine dernière, en une fraction de seconde, voilà que j’étais avec Noah. C’est rare, qu’il soit là. On n’était même pas dehors pour quelque chose d’intéressant. J’étais avec Noah, il était avec moi, et il n’y avait aucune raison que cela se produise. Ou peut-être que si. Depuis que j’écris ses chapitres à la première personne pour LNdD, on s’est pas mal rapprochés – et sa voix est d’une beauté fulgurante, en plus, en tout cas pour moi.

Noah, en ce moment, il joue les électrons libres. Il explore et découvre le monde. Peut-être est-il juste venu répondre à ma crainte que, quand les gens partent sur de nouvelles routes, iels n’en reviennent jamais. Faut dire qu’en ce moment, je suis un peu chiant. J’étais avec Noah, et il n’y avait aucune raison qu’il soit là. Mais j’étais content, et lui aussi. Ce mec est trop pur pour tous ces univers ignobles.

Alors il m’a accompagné à la pharmacie, collé à moi jusqu’à l’entrée – il m’a attendu dehors. Pour interagir proprement avec les gens de mon monde, il fallait que je sois seul. Quand je suis sorti, il pleuvait. Noah m’a rejoint depuis son abri et raccompagné chez moi, avant de repartir à l’aventure. Il avait pris le temps de passer pour moi. Il reviendra vite – il n’est pas parti très loin, cette fois-ci. Je pense qu’il restera dans les parages jusqu’à la toute fin. Jusqu’à la dernière sortie. Et puis, je l’espère, il reviendra, de temps en temps, regarder les étoiles avec moi.

L’article Hier, j’étais avec Noah. est apparu en premier sur Malone Silence.

]]>
https://malonesilence.com/hier-j-etais-avec-noah/feed 0 4675
Les « morally grey characters » et moi https://malonesilence.com/les-morally-grey-characters-et-moi https://malonesilence.com/les-morally-grey-characters-et-moi#comments Tue, 02 Jul 2024 17:21:18 +0000 https://malonesilence.com/?p=2950 Bon, à la toute base, je ne suis pas particulièrement fan de cette appellation, « morally grey ». Pas parce que je suis un puriste de la langue française (écrivant en inclusif, j’en ai perdu ma carte depuis longtemps), mais parce que pour moi, un bon personnage est nécessairement « morally grey ». Un Lire la suite

L’article Les « morally grey characters » et moi est apparu en premier sur Malone Silence.

]]>
Bon, à la toute base, je ne suis pas particulièrement fan de cette appellation, « morally grey ». Pas parce que je suis un puriste de la langue française (écrivant en inclusif, j’en ai perdu ma carte depuis longtemps), mais parce que pour moi, un bon personnage est nécessairement « morally grey ». Un être humain est, au moins un peu, « morally grey ». On a toustes nos zones d’ombre, nos faiblesses, nos traces d’égoïsme. Ça ne signifie pas que l’être humain est mauvais par nature, au contraire. Avoir conscience de nos « travers », qui ne sont à mon sens que des traces de nos peurs et de notre instinct de conservation, peut nous permettre d’être de meilleures personnes. De mieux agir, en tout cas. Mais je digresse, et je vais éviter d’enfoncer davantage de portes ouvertes que d’habitude, on n’est pas là pour ça.

Je ne vais pas parler du phénomène en lui-même, des tas de gens l’ont déjà fait et le font encore, et je ne m’estime pas compétent pour ça. On va seulement partir du concept de base pour parler processus et évolution créatifves. C’est une petite réflexion personnelle qui me trotte dans la tête depuis un petit moment. Depuis que j’ai lu BEINHAUS, en fait. Partons sur des évidences : on peut écrire une excellente histoire, alignée avec ses valeurs en plus, avec les personnages les plus détestables de l’univers. Des personnages peuvent être intéressants sans être attachants. On peut écrire sans ses ami·es imaginaires… ou se faire des « morally grey imaginary friends ».

Morally grey characters, level 0 : Stanley

J’ai parlé de mon rapport à Stanley Ellington en long, en large et en travers : c’est mon premier personnage, mon premier amour, une âme sœur depuis toujours et jusqu’à la fin. Ce que je cherchais au moment où je l’ai trouvé, c’est un ami fictif. On a grandi ensemble. On s’est sortis du pire de la maladie ensemble. Il a même accompagné ma transition, enfin… il a transitionné avant moi. Prophétie auto-réalisatrice de l’écrivain·e, comme en parlait l’autrice Morgane Stankiewiez en conférence.

Portrait de Stanley Ellington, homme blanc, brun aux yeux bleus, émacié.
Portrait de Stanley par The Red Lady

Au départ, avec Stan, je cherchais moins à explorer la psyché humaine qu’à trouver un peu d’espoir dans cette humanité. J’ai compris plus tard que l’un n’allait pas sans l’autre – sans quoi, Les Hurlements noyés ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Et puis, il a accompagné mes débuts d’écriture, à l’époque où je pensais encore qu’il fallait, quoi qu’il arrive, être du côté du personnage principal.

En grandissant, je suis devenu plus lucide sur mes propres défauts, et sur ceux de Stanley aussi, humainement parlant. Dans LHN et sa suite, Les Pleurs du Vide, c’est assez évident : il est animé des meilleures intentions du monde, mais coincé dans une inertie, une terreur et un désespoir qui s’avéreront destructeurs. Bon, ce qui s’est passé aussi, c’est que Stanley est un peu devenu une allégorie au fil de ma prise de recul. Reste que c’est l’un de mes personnages les plus « purs » et authentiquement gentils.

Morally grey characters, level 1 : Archie

Archie David assis face à son ordinateur avec sa tasse fumante, avec son terre-neuve qui bave sur la table et sur ses feuilles. La scène se passe le soir si l'on en croit la nuit étoilée par la fenêtre de derrière et la lumière tamisée. Dessin à l'aquarelle + pastels secs.
Portrait d’Archie (et Orlando le terre-neuve) par Pikkulef

J’ai pas mal parlé d’Archie en newsletter, mais encore peu sur le blog, parce qu’il arrive dans le tome 3 de la trilogie de Stanley. En revanche, j’en ai discuté sur mes réseaux et avec pas mal de gens ! Il est né en 2019 (je vous parlerai de son origin story, promis) et je l’adore. Archie, c’est mon comfort character personnel ! Et pour le coup, je voulais un personnage, comme Stanley, profondément bon mais… peut-être un peu « morally grey ». Disons qu’on sortait de l’altruisme sacrificiel, né d’une certaine culpabilité, pour sa forme plus saine, avec une pointe d’égoïsme. Vous savez, le self-care dont on parle si souvent – bon, Archie s’est révélé très mauvais en la matière. Son égoïsme s’est mué en fierté mal placée et son altruisme en tendance à la surprotection !

Archie David est ingérable, maladroit et aussi fatigant pour son auteur que pour ses camarades de galère, ce qui en fait indubitablement moins un personnage « morally grey » qu’un gentil excessif sur tous les plans. S’il y a une trace de « mauvais » en lui, elle ressort surtout face à l’inéluctable chute des personnes qui ont fait du mal à celles qu’il aime. Il sort alors le pop-corn et se marre. Si fort. 🤭

Bref, là où Stanley serait d’alignement neutral good, Archie est le chaotic good dans toute sa splendeur. (Je l’aime.) Et donc, encore une fois, rien de « méchant » dans ce second membre de ma triade rapprochée. Oui, parce que les personnages dont je suis le plus proche dans l’univers de Stanley n’est pas mort sont trois, et le troisième…

Morally grey characters, level 5 : Lucien

Le personnage représenté en image à la une de cette article, c’est Lucien, sous les traits de l’acteur Adrien Brody – qui, pour le coup, a pu faire preuve d’un sens moral… franchement discutable… Un peu chiant que Lucien soit en partie né de lui, quand même. Et franchement ironique, étant donné la backstory horrible de Lucien. Mais encore une fois, on digresse.

morally grey characters

Lucien David, c’est le cousin d’Archie, et il taffe dans l’informatique. Ce sont les deux premières choses que j’ai sues à son sujet. Il est arrivé par hasard, surgissant de traumatismes enfouis dans l’inconscient du cliché d’auteur tourmenté que je suis. Et puis, au dernier moment, la vérité a éclaté : Lucien tue des gens. Tout simplement. 🔪 Plus précisément, il tue des pédocriminels pour protéger ses enfants, ainsi que pour d’autres raisons moins nobles, comme une colère étouffée depuis qu’il en a été lui-même victime. (Quand je parlais d’ironie…) Niveau « morally grey », je crois qu’on entre dans les clous, non ?

Lucien est le personnage le plus cathartique que j’aie écrit jusque-là. Dans ses actes, comme dans ses hantises et les émotions qui menacent de le briser à tout moment. Avec lui, on aborde des thèmes tellement durs que je ne sais même pas comment le roman qui lui sera consacré sera marketable. (Vraiment, j’ai du mal à imaginer, à l’heure actuelle, comment animer une campagne de financement avec une histoire pareille.) Est-ce qu’il s’en sortira, connaîtra-t-il une rédemption, lui en faut-il une ? Les réponses ne sont pas encore claires et je ne sais pas si c’est important pour le moment. (A l’heure actuelle, une grosse partie de premier jet est écrite, je me prépare à repartir sur un nouveau, et on en est toujours au stade de la descente aux enfers.)

Je ne sais même pas si je vous écrirai un article sur Lucien, en fait. Dès que j’écris avec lui, ça part en logorrhée traumatique, et nous sommes extrêmement proches tous les deux. C’est la première fois que j’ai une telle proximité avec un personnage sans lui trouver des excuses, sans le condamner non plus, juste… Ce qu’il fait est là. Et on plonge ensemble.

Il y a des limites qu’on ne dépasse pas, certes. Parce qu’on n’en a pas besoin. Parce que ce serait contre-productif, parce que mon écriture doit garder son côté thérapeutique. Je ne crois pas en une plongée gratuite dans ce qui choque, ce qui choque qui d’ailleurs ? Bref, si j’aime ce personnage, c’est qu’il y a une raison. Si nous sommes proches, c’est qu’il y a une raison. Peut-être sa logique et son sens moral personnel résonnent-iels un peu trop profondément en moi, aussi !

Les niveaux supérieurs : le « morally grey » sans attachement

Bon, il y a un stade où on peut cesser d’employer ce terme, non ? Est-ce qu’on peut parler de « morale grise » quand le personnage est juste un salaud ? J’ai sans doute un gros biais, mais quand on me présente des persos comme « morally grey », j’ai souvent peur que ce soient juste de bonnes raclures de bidet. A qui on finit par pardonner parce que… ?

Cela dit, écrire des connards, c’est cool aussi. J’ai bien sûr évoqué BEINHAUS plus haut, niveau lecture. Et question écriture… J’ai déjà parlé ici de projets auxquels je n’ai pas du tout le même rapport qu’à Stanley n’est pas mort. Soit, en réalité… à peu près tous mes projets en dehors de cet univers. J’ai le Stanleyverse, j’ai mon socle : je peux désormais pousser l’exploration plus loin. Fouiller ailleurs dans les tiroirs… sans plus avoir peur de ce que je pourrais y trouver ? Sans craindre d’y trouver des choses « à excuser » à mes personnages parce que je les aime ? Je dis pas, on peut aimer ses connards fictifs. A titre personnel, au-delà d’une certaine limite, c’est impossible.

Pour revenir une dernière fois à BEINHAUS, Saint Gris a prouvé qu’on pouvait aborder des thèmes difficiles et écrire des êtres répugnants, et en faire les protagonistes principaux, sans pour autant cautionner leurs actes (ni être moralisateurice non plus, au cas où ce genre de critique pointerait le bout de son nez. Un coup faut dénoncer, un coup on dénonce trop, faudrait savoir1). C’est un truc que j’ai envie de réussir à faire aussi. Juste surplomber mes personnages2, et regarder… Je me sentirai proche d’eux sur certains points, et c’est normal. Entre êtres humains, réels ou fictifs, on a trop en commun. Et c’est aussi comme ça qu’on peut trouver un exutoire3, guérir même à travers les personnages les plus horribles.

Et quand le « morally grey » bascule ?

Parce qu’on peut si facilement tomber dans son propre piège.

Ce que je vais dire là renvoie un peu à ce que je disais dans mon article sur Ghostland [EDIT : il n’existe plus, mais j’aime toujours bien ce passage] :

Pour moi, les films, c’est un peu comme mon entourage. Les films que j’aime sont un peu comme les personnes que j’aime. Beaucoup d’émotions, beaucoup d’imperfections, parfois il faut avoir de très sérieuses conversations et parfois… Eh bien, quand ça devient trop problématique d’une manière ou d’une autre, il faut juste lâcher.

Alors, si un personnage de ma triade sacrée basculait dans l’intolérable ? J’y crois absolument pas. Je ne veux pas y croire. Mais quand on nous rapporte des actes horribles de personnes qu’on aime et croyait connaître, on ne veut pas y croire non plus. Évidemment, c’est techniquement différent. On a bien davantage de pouvoir sur nos univers fictifs que sur la vraie vie de la réalité véritable. Ça vaut même pour les univers des autres, les univers que l’on reçoit. J’ai, comme tout le monde, des headcanons. J’ai assisté au revirement de personnages fictifs auxquels j’ai refusé de croire, et c’était facile. Si c’est faux, c’est facile. Quand on a un comfort character, on fait tout pour le garder.

Sauf que ça ne fonctionne pas comme ça, pas vrai ? Il faut faire face. Faire face à l’horreur, faire face à nos sentiments, faire la part des choses. Et séparer une personne de l’idée qu’on s’en fait, cette idée qu’on a aimée.

Je suis persuadé que les morally grey characters peuvent nous faire grandir. Ils peuvent nous apprendre à gérer notre attachement, nos illusions, tout comme ils nous enseignent les limites de notre sens moral. On a tendance à idéaliser les personnes qu’on aime – Lucien et moi, on sait bien ce que c’est. L’amour qu’on a pour une personne finit par avoir plus d’importance que la personne elle-même. Et c’est important, l’amour, c’est un sacré carburant pour vivre, pour créer, pour tout. Reste encore à apprendre d’où il vient, quels en sont les ingrédients, comment l’utiliser, où se trouve la part d’illusion. Et à questionner, toujours, notre rapport aux histoires, aux autres et à nous-mêmes4.


  1. Je vais pas vous mentir, pour moi, s’il y a une accusation du genre ou de « manque de subtilité », il n’y a que deux possibilités : soit læ destinataire est de base réfractaire au message et l’aurait rejeté quelle qu’en soit la forme, soit l’auteurice s’est narrativement chiæ – ça arrive. Que ce soit parce qu’iel n’y croyait pas vraiment au fond, ou parce qu’iel n’a pas assez fait confiance au lectorat, ou par simple maladresse parce qu’écrire, c’est pas toujours simple, mine de rien. Dans tous les cas, ça veut pas (forcément) dire que le message pue ou ne mérite pas qu’on s’y attarde. Quoique… dans certains cas, on peut effectivement voir cette troisième possibilité. (Est-ce que cette note de bas de page sert à quelque chose ?) Ah, et aussi : quand même, on cherche parfois beaucoup moins à être dans la dénonciation que dans le fantasme et/ou la glorification de son propre ego. Oui, je pense aux scènes de viol ultra graphiques, et à une flopée d’écrits d’auteurices blanc·hes sur l’esclavage et le racisme aussi. ↩︎
  2. Mais en même temps, j’aime bien être à leur hauteur, pour en apprendre des trucs et… être avec eux, quoi. En tout cas, je n’aurais pas pu surplomber les personnages du Stanleyverse. ↩︎
  3. Et puis, on peut extérioriser par les situations dépeintes autant que par les personnages. Enfin, là ne va pas sans l’autre évidemment, mais j’ai l’impression que ça devient plus facile pour moi de ne plus utiliser les personnages comme béquille, comme filtre entre ces situations et moi. C’est sans doute aussi pour ça que j’avais besoin de ma Sainte Trinité, le temps de grandir et de faire face tout seul. Je sais pas, j’aime bien cette théorie. ↩︎
  4. Bravo Malone, tu pouvais pas faire plus générique encore ? ↩︎

L’article Les « morally grey characters » et moi est apparu en premier sur Malone Silence.

]]>
https://malonesilence.com/les-morally-grey-characters-et-moi/feed 2 2950
Personnages féminins : s’y attacher et les écrire https://malonesilence.com/personnages-feminins-ecriture https://malonesilence.com/personnages-feminins-ecriture#comments Thu, 18 Aug 2022 14:23:22 +0000 https://malonesilence.com/?p=1028 Quand j’étais enfant, en fiction, je ne m’intéressais qu’aux personnages féminins. Genré fille et déjà mis en concurrence avec les garçons, à l’école ou ailleurs, j’avais conscience que quelque chose de plus important se jouait lorsque, à l’écran ou sur les pages, un rapport de force s’instaurait entre une fille Lire la suite

L’article Personnages féminins : s’y attacher et les écrire est apparu en premier sur Malone Silence.

]]>
Quand j’étais enfant, en fiction, je ne m’intéressais qu’aux personnages féminins. Genré fille et déjà mis en concurrence avec les garçons, à l’école ou ailleurs, j’avais conscience que quelque chose de plus important se jouait lorsque, à l’écran ou sur les pages, un rapport de force s’instaurait entre une fille et un garçon, entre une femme et un homme. Pourquoi voyais-je toujours les hommes avoir le dessus sur les femmes, les malmener physiquement ou psychologiquement, et avoir le dernier mot ? C’est aussi ça qui m’a mené à avoir peur de ma « condition de femme » autant que des hommes. A en avoir honte, aussi. Bref, le patriarcat ça cause des dégâts, à l’Ouest rien de nouveau.

Enfants, notre apprentissage de la réalité passe en grande partie par la fiction. Et, qu’on l’admette ou non, c’est encore largement le cas quand nous avons atteint l’âge adulte. Alors oui, j’étais irrité, en colère, triste puis désespéré du destin des personnages féminins, auxquels je m’identifiais alors. Avoir peur pour ces femmes, tout le temps, me faisait me sentir mal. J’étais presque écœuré de les voir sans cesse en position de faiblesse, quelle que soit la situation. Je désespérais de voir un de ces personnages s’en sortir sans l’aide d’un homme.

Je ne vais pas m’étendre ici sur l’importance de la représentation : d’autres, comme La Booktillaise ou darksideofthemoune, l’ont déjà très bien fait, et je vous invite à les lire. Mais il me semblait logique de commencer par là. On en parle depuis si longtemps, de l’écriture de personnages féminins – et, de manière plus générale, de personnages ne correspondant pas au modèle dominant : masculin, blanc, cis, hétéro, etc. Ce modèle dominant et le cadre préétabli, en plus de ne pas être représentatifs, sont un frein à la créativité et brident l’imaginaire. Et donc, comment on en sort ? Avec pas mal de boulot. Petit partage d’expérience.

I) La réponse émotionnelle

J’avais autrefois parlé du processus derrière la création du personnage d’Allison Griggs, pour Les Hurlements noyés. Allison Griggs est née de mon besoin, à treize ans, de me créer un personnage féminin monstrueux pour terrifier les hommes. Le concept a depuis beaucoup évolué – rien d’étonnant en dix ans. J’ai fait de mon mieux pour traiter quelque chose d’assez complexe et j’espère avoir réussi, sans en être tout à fait sûr.

Stanley, le personnage principal, est un mec. Si ça m’a permis d’aborder des thèmes très personnels, mon but premier, celui de mes 13 ans, était ailleurs. Quand j’ai créé Stanley, c’était pour avoir un comfort character – le mien. J’éprouvais le besoin d’un comfort character masculin dans un monde où les hommes me terrorisaient et où, dans le même temps, je pensais devoir les aimer et être aimé d’eux pour être heureux. Autre problème : je ne me voyais pas faire trop souffrir mes personnages féminins. Je les voyais en baver partout, je n’en pouvais plus. Or pour moi, l’écriture est cathartique. J’ai besoin d’aborder des thèmes durs, de parler de traumatismes. Alors j’ai utilisé des personnages masculins pour ça. Mon attachement étroit pour eux en a résulté – mes trois persos fétiches, c’est Stanley, Archie et Lucien.

Ajoutez-y la misogynie intériorisée et le manque de personnages féminins authentiques en fiction, et le serpent se bouffe la queue jusqu’aux côtes.

II) Un peu d’espoir, et le début du boulot

J’ai tout de même quelques contre-exemples sous la main, évidemment. J’en ai toujours eu, et vous aussi. On pensera sans doute aux mêmes personnages féminins – bah oui, il y en a encore trop peu dans la masse. De bons, je veux dire.

En tant que fan de Silent Hill, j’ai connu Heather Mason assez tôt. Elle a en partie servi d’inspiration pour Vicky, un de mes personnages préférés à l’heure actuelle. Mon attachement à un univers en tant que fan m’a-t-il aidé à me rapprocher d’un de mes personnages féminins ? (Oui, Vicky est sur le spectre non-binaire, mais je ne l’ai su que plus tard. Reste que cela signifie sans doute beaucoup sur mon processus, sur ce que mes personnages m’ont appris sur moi-même, etc.) Peut-être. Ou alors, j’étais juste heureux de rencontrer des personnages féminins attachants et authentiques !

C’est plus tard, pendant le sensitivity reading de LHN, que j’ai aussi commencé à éprouver quelque chose pour deux autres de mes personnages féminins : Sally et Ariane. Ce travail m’a poussé à les développer, à plonger le plus profondément possible dans leur psyché. C’était quelque chose que je n’osais pas faire, que j’ignorais comment faire sans que le résultat soit mauvais. Si Sally est un bon personnage, c’est grâce à l’aide d’Oyaomi ! Et mine de rien, ce travail a été libérateur. J’ai eu besoin d’un coup de pouce, mais écoutez, qu’il en soit ainsi ! C’est pas grave. La création, c’est beaucoup plus collectif qu’on ne le croit.

III) Comment travailler tout ça ?

L’une des solutions communément proposées est de considérer les personnages féminins « comme des personnages masculins ». Parce que les personnages masculins, eh bien, ce sont des personnages tout court, c’est la norme, c’est ce qui est neutre – haha. Bref, ça peut être un point de départ, mais ça pose d’autres soucis. On peut parler des personnages de « femmes fortes« , cette force étant souvent leur seul trait de caractère, mais pas seulement. Reprise de comportements problématiques de mecs, sexualisation à outrance, manque général de profondeur… (Je vous invite à lire l’article de Bon Chic Bon Genre à ce sujet.) De plus, si l’on s’inscrit dans un récit plutôt réaliste, l’identité de genre d’une personne est un élément constitutif de son appréhension du monde, de même que son orientation, le fait d’être racisæ ou non…

Assigné fille et perçu ainsi, j’ai vécu l’éducation, les relations humaines, la violence aussi, d’une manière différente de celle d’un homme cis. Les biais auxquels je dois faire face peuvent être différents. Chaque individu-e à son histoire, fruit d’une histoire collective longue et complexe. Dans ce cas, que faire ? Apprendre ! En diversifiant les fictions et la non-fiction que l’on consomme, en suivant des militant-es sur Internet (@lydieinthetrain, @AlbinEien, @BananaLicorne, @bibliofeel_, @Sarah_Ghey, @bookeylae, @lecturesensible…), en écoutant parler son entourage… et/ou, comme j’en parlais plus tôt, en faisant appel à des sensitivity readers quand il s’agit d’écrire ! En effet, parfois, notre position diffère tellement d’une autre qu’on ne peut totalement s’y imaginer. Si j’ai sollicité une SR, c’est parce qu’en tant que personne blanche, je ne peux comprendre pleinement le vécu d’une personne noire ainsi que les oppressions dont elle est victime. Bref, les ressources sont partout !

Restait, en ce qui me concerne, à travailler sur l’aspect affectif de l’écriture des personnages féminins, évoqué plus haut. Le travail est bien sûr toujours en cours !

IV) S’attacher à ses personnages

Je me suis rapidement rendu compte que j’avais un souci. Quand j’invente un personnage, je commence souvent par son physique. Sans doute un coup de ma mémoire photographique, ou le simple fait qu’une première rencontre passe souvent par là. Avec mes personnages féminins, c’est un souci parce que je ne peux pas m’empêcher, dans un premier temps, de les imaginer dans la norme : blanches, minces, valides… A l’image de la plupart de nos modèles, encore aujourd’hui.

Ainsi, j’ai su très tard que Sally Parkins était noire et avait un vitiligo. Ariane, sa sœur, s’est révélée grosse et handi quelques mois après sa naissance dans ma tête. Il m’a fallu quelques jours pour comprendre que Mélodie Anglade était une femme transgenre. Il faut toujours que les points les plus importants de leur identité me viennent sur le tard ! C’est aussi pour ça, j’imagine, que je suis un auteur un peu lent ? Là-haut, c’est aussi lent, trop lent.

A côté de ça, mes personnages masculins, quand ils ne sont pas des antagonistes ni l’incarnation de ce qui me terrifie, sortent du cadre directement. Ils sont au moins queer, neuroatypiques ou les deux en même temps. J’ai pris l’habitude d’extérioriser à travers eux ; à moi de faire en sorte que ça change, pour que mes personnages féminins deviennent tout aussi importants, pour moi comme pour l’histoire. Est-ce que cela signifie obligatoirement soigner mes traumatismes à travers eux ? J’ai longtemps craint de les malmener, parce que je me malmenais moi-même, ayant en tête qu’en tant que fille, j’étais une petite chose fragile. Mais Vicky, Sally, Ariane m’ont appris que je pouvais, à différentes échelles, utiliser les personnages féminins à des fins thérapeutiques. J’ai appris que je pouvais leur faire confiance.

V) Guérir du patriarcat

Parce que c’est de ça qu’il s’agit, finalement. Se défaire de la misogynie intériorisée, de la honte, de la peur de cette « féminité intérieure » et de toutes les conneries qui vont avec. C’est là que j’ai trouvé la principale fonction thérapeutique des personnages féminins. Oui, ils peuvent m’aider autant que leurs homologues masculins, en inventant de nouvelles façons de guérir, de nouvelles sororités, parfois de nouveaux moyens de se défouler et d’extérioriser. Une autre manière de faire face à la violence du monde. Mes personnages féminins sont porteurs d’espoir, parce que ce sont les femmes et le féminisme qui me l’ont rendu et m’ont permis d’avancer, voire de sortir de schémas et relations toxiques.

Il y a quelque temps, j’ai lu Eaux Troubles, un slasher féministe ultra cathartique. L’une des histoires les plus libératrices que j’aie pu lire. J’y repense souvent, aux aventures de ce groupe de filles réclamant vengeance et s’unissant contre leurs agresseurs.

Bien sûr, je ne crois pas qu’il faille obligatoirement ce côté positif dans l’écriture de personnages féminins et de leur histoire. Mais ça aide – je vous renvoie aux liens postés plus haut : les représentations positives, on en a besoin. Si je supporte aussi bien (voire apprécie, osons le dire héhé) que les mecs fictifs s’en prennent plein la poire, quand bien même je me suis attaché à eux (parfois c’est même à cause de ça, nous le savons toustes !) c’est qu’il a été montré de multiples fois qu’ils pouvaient s’en sortir. Je suis alors loin de la fatigue désespérée, et parfois de la violence ressentie face à la représentation d’une femme sans défense. Les meufs s’en prennent plein la gueule, dans la réalité et dans la fiction. Je suis de celleux qui ont besoin d’espoir pour elles.

Conclusion

Alors, pour l’instant, on fera comme ça.

En dehors des femmes qui tiennent des rôles d’antagonistes, je continuerai à chercher l’espoir. J’écrirai des personnages féminins humains, parce que les femmes sont avant tout des gens. Parfois, j’écrirai leurs traumatismes, et comme toujours avec moi, ce sera sombre. J’écris toujours du drame, de l’horreur psychologique. Mais je n’ai jamais cherché la fascination morbide. J’ai écrit Les Hurlements noyés comme un exutoire et dans une volonté de montrer les conséquences des traumatismes. Les violences systémiques ne sont pas un spectacle.

Évidemment, en ce qui me concerne, le plus dur, c’est les violences sexuelles. Je sais que si j’écris des personnages féminins victimes de VSS, je me sentirai mal. Et je craindrai que les hommes n’érotisent ça. Si je traite ces violences à travers des victimes masculines, c’est aussi pour ça. Du rape and revenge, des femmes physiquement vulnérables et réduites à la soumission dans ce contexte… J’en ai bouffé, on en a bouffé. Consommer et écrire ça m’est devenu insupportable. Mais alors, ça contribue à me rapprocher encore des personnages masculins, non ? Oui. Je me rapproche de mes personnages féminins différemment, voilà tout.

Peut-être trouverai-je d’autres solutions dans le futur, d’autres moyens d’attachement et de rendre mes personnages féminins importants. En attendant, celle-ci, je la trouve belle, et j’espère que vous la trouverez belle aussi.

L’article Personnages féminins : s’y attacher et les écrire est apparu en premier sur Malone Silence.

]]>
https://malonesilence.com/personnages-feminins-ecriture/feed 4 1028
Le Kraken Writing Club c’est quoi ? https://malonesilence.com/le-kraken-writing-club-cest-quoi Fri, 22 Apr 2022 14:06:55 +0000 https://malonesilence.com/?p=880 Créer à plusieurs, ce n’est pas tellement mon truc, à la base. Disons que je n’y avais pas particulièrement pensé, ni eu l’occasion, avant les parties de RP. Du jeu de rôle à l’arrache sur Twitter, avec des auteurices rencontræs totalement par hasard et dont certain-es allaient devenir des ami-es Lire la suite

L’article Le Kraken Writing Club c’est quoi ? est apparu en premier sur Malone Silence.

]]>
Créer à plusieurs, ce n’est pas tellement mon truc, à la base. Disons que je n’y avais pas particulièrement pensé, ni eu l’occasion, avant les parties de RP. Du jeu de rôle à l’arrache sur Twitter, avec des auteurices rencontræs totalement par hasard et dont certain-es allaient devenir des ami-es proches. J’ai connu le Kraken Writing Club comme ça, à l’époque où il n’était pas encore le Kraken. Nos univers se sont télescopés à travers le RP, et puis… on a commencé à créer en commun. Je ne détaillerai pas cette histoire ici ; ce qui nous intéresse, c’est :

1) Qui fait partie du Kraken Writing Club ?

  • Mirabelle Aurea : Vous avez peut-être déjà vu passer son nom dans ce blog, par exemple dans le lexique de l’univers de Stanley. Parce que certains de ses personnages, notamment Ash, Kay et Lou, se sont incrustés dans la vie d’Archie David, qui les a accueillis avec bonheur. Et inversement, Archie s’est fait une petite place chez Mira, où il a une vie… disons, plus reposante que chez moi. Sinon, Mirabelle écrit de l’urban fantasy. Elle travaille sur The Daughter of Rivers and Bones, l’histoire d’Ash après sa fuite du laboratoire qui lui a volé son enfance.
  • Finley Moriartea : Son nom à lui est aussi passé dans le lexique, puisqu’un de ses personnages, Murtagh Foley, est tout simplement devenu le grand amour d’Archie. Oui oui, rien que ça ! Ça, c’est pour la piqûre de rappel et le lien avec mon univers ; parce que sinon, Finley a une multitude de projets. Il zigzague entre urban fantasy, enquête, historique, et les trois en même temps, le tout avec des explosions d’univers à n’en plus finir ! Parlez-lui du KABOOM, vous verrez ! 😀
  • Charlotte Macaron, elle, officie plutôt du côté « fanfiction » de la force, notamment sur My Hero Academia. Nos univers sont donc très différents et nous travaillons peu ensemble. Pas de bouleversement d’un côté comme de l’autre… Pour le moment !
  • Pikkulef est la créatrice de Desden, devenu un ami d’Archie avec le temps ! Dans son univers d’origine, Desden voit, ou plutôt ne voit pas, son quotidien troublé par des fantômes, des flics bizarres, des assassins et, bien sûr, Diane… Avec, à la clé, de la bouffe, parce que Desden adore cuisiner ! Il y a aussi Kalinka, son chien guide… Vous me connaissez : pour moi, c’est un très bon argument.
  • La Nonne : Là encore, peu d’interactions et de perturbations. Et pourtant, La Nonne aussi officie dans le fantastique et l’horreur ! J’ai hâte de lire son roman, d’ailleurs… En attendant, on a ses extraits sur le blog !
  • Et moi.

2) L’influence du Kraken Writing Club sur mon univers

Pour ce qui est des deux premiers tomes de Stanley n’est pas mort, les univers de mes ami-es n’ont pas eu d’influence directe, pas consciente du moins. Ces univers et personnages n’interviennent ni dans Les Hurlements noyés, ni dans Les Pleurs du Vide. Pour le tome 3… Je ne suis pas encore fixé sur la période de la vie d’Archie qu’il recouvre, mais je doute qu’il soit impacté. Et pour les deux tomes précédents, la question ne se pose pas, puisque Archie n’y apparaît pas. (Et encore, il a failli se pointer dans Les Pleurs du Vide en 2020, le bougre !) En y réfléchissant, j’ai peut-être un lien trop intime avec Stanley n’est pas mort pour le mêler à autre chose… A moins qu’il ne devienne symbole d’ouverture au monde ? Je ne sais pas.^^

En revanche, question spin-offs… Murtagh Foley apparaît dans le roman qui s’appelait Lucian dans sa première mouture. Le couple Archie/Murtagh m’a donné des perspectives complètement différentes pour mon personnage. Alors oui, prendre en main la création de quelqu’un-e d’autre, c’est compliqué. Mais Finley m’a dit que je m’en sortais bien avec la sienne ! Quant aux personnages de Mirabelle, ils apparaîtront eux aussi, c’est acté, c’est sûr, ça ne peut pas se passer autrement. D’autant qu’il est possible qu’Archie ait des souvenirs d’eux depuis… longtemps ?

Bref c’est un immense bazar de timelines qui se télescopent ou restent obstinément parallèles, selon leur volonté. Pour l’imagination, c’est extrêmement stimulant. Tellement stimulant que nous perdons encore plus souvent le contrôle qu’avant, je crois bien. Oui, nous sommes auteurices jardinièr-es, et on s’éclate, vous n’avez pas idée !

La question du partage d’univers au Kraken Writing Club

Allez, le point « question sérieuse » de l’article.

Parce que, forcément, on s’est posé la question : comment on s’en sort avec le droit d’auteur, alors ? Écoutez, c’est l’une des raisons pour lesquelles je préfère l’autoédition à l’édition classique : je peux faire ce que je veux de mon univers. Si je veux le prêter, je le prête ! Je suis très souple sur les questions de propriété intellectuelle. Ce n’est pas une notion qui me parle, c’est même plutôt le contraire. Si on ne vivait pas dans une société capitaliste, je pourrais mettre toute ma production sous licence libre et ça ne m’empêcherait pas de vivre. Cela dit, je demande toujours l’autorisation aux autres si je veux bidouiller dans leurs mondes ; ce sont les leurs, iels ont un lien plus ou moins intime avec eux… Bref, totalement compréhensible.

Je ne sais pas si je me serais lancé dans cette aventure, même par jeu, avec des personnes en qui je n’aurais pas eu entièrement confiance. Au Kraken Writing Club, la communication sur le sujet est de mise. Je ne peux que vous conseiller de bien vous entourer et de parler, parler, parler encore, si vous voulez tenter l’expérience. Et pour le RP, même chose. On reparlera du RP, un de ces quatre !

D’ailleurs, écrire ces lignes me fait réfléchir à un truc : puis-je vraiment vendre mes spin-offs, gagner de l’argent dessus, s’ils comportent des personnages qui ne sont pas les miens, même avec l’accord des auteurices ? Quelque chose me gêne, là-dedans. Peut-être le principe de toucher de l’argent alors qu’on m’a offert gratuitement (pléonasme bonjour) une porte d’entrée dans ces mondes. D’où l’importance, sans doute, que mon « noyau dur », la trilogie Stanley n’est pas mort, reste à part. Mais rien ne m’empêche de mettre les spin-offs concernés à disposition… ? Je ne sais pas. J’en discuterai sans doute avec le Kraken !

Le mot de la fin

Dans tous les cas, vous avez des tas de crossovers sur le site du KWC, souvent très courts, parfois écrits rapidos entre deux cafés, existant uniquement au nom de l’amusement et de l’émulation collective. De mon côté, j’ai dépublié Lucian pour le moment, histoire de pouvoir retravailler dessus suite aux… explosions récentes ? Il y a eu du changement, oui. C’est normal, avec les premiers jets ! Mais voilà, j’ai hâte de vous reparler de mon processus créatif, parce que ça fait partie de ce que je préfère sur ce blog.

Merci à vous d’avoir lu jusque-là ! Ne suivez pas la lumière, mais suivez le Kraken !

L’article Le Kraken Writing Club c’est quoi ? est apparu en premier sur Malone Silence.

]]>
880
Stanley n’est pas mort : lexique exhaustif de l’univers https://malonesilence.com/stanley-nest-pas-mort-lexique-exhaustif-de-l-univers Wed, 23 Feb 2022 15:52:34 +0000 https://malonesilence.com/?p=791 Note préliminaire : Comme il se doit, les entrées de ce lexique sont classées dans l’ordre alphabétique. Si vous cherchez le nom d’un personnage, donnez la priorité à son prénom plutôt qu’à son nom de famille. Comme je parle plus souvent d’eux en mentionnant leur prénom, ce choix m’a semblé Lire la suite

L’article Stanley n’est pas mort : lexique exhaustif de l’univers est apparu en premier sur Malone Silence.

]]>
Note préliminaire : Comme il se doit, les entrées de ce lexique sont classées dans l’ordre alphabétique. Si vous cherchez le nom d’un personnage, donnez la priorité à son prénom plutôt qu’à son nom de famille. Comme je parle plus souvent d’eux en mentionnant leur prénom, ce choix m’a semblé plus logique.
Cette page est conçue comme une introduction à l’univers et est donc totalement spoiler-free. N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez une question/si un terme important n’apparaît pas (pour celleux qui connaissent l’univers), et ne suivez pas la lumière.

Ce qui est né dans l’univers de Stanley

Alistair Brown : Policier à Glasgow. Conjoint d’Ariane, qui l’a rencontré après sa fuite de la Famille.

Alizée E. : Jeune auteurice. Mentionnæ dans Les Pleurs du Vide et Les Nuits du Dehors.

Allison Griggs : Fille du Chef de la Famille, sœur cadette de Carl et aînée de Scarlet. Elle remplit la fonction de Lumière qu’elle porte comme un nom. Antagoniste principale des Hurlements noyés.

Archie David : Écrivain et fiction addict. Fils de Céline et Patrick, cousin de Lucien, frère de cœur de Mélodie, fiancé d’Eric… et futur grand amour de Murdoch/Murtagh/Teagan. Il apparaît dans le tome 3, dans Le Robot et dans Lucian. Les spin-off expérimentaux Ciel rouge et En pièces lui sont également consacrés, ainsi que la plupart des textes que j’ai publiés sur le Kraken.

Ariane Parkins : Ancienne membre de la Famille, dont elle s’est enfuie avec sa sœur Sally. Elle s’est ensuite réfugiée à Glasgow, où elle a rencontré Alistair et s’est installée avec lui.

Arthur Gemmel : Frère de Laura, avec qui il vit. On le rencontre dans Les Nuits du Dehors.

Audra (Sinclair) : Membre de la Famille au statut particulier, car bénéficiant de plus de liberté que les autres sectateurices. Chasseresse, fossoyeuse… et faussaire, aussi.

Bastien David : Frère de Patrick, oncle d’Archie et de Lucien. Apparaît dans Le Robot et dans Lucian.

Benoît David : Frère aîné de Lucien. N’apparaît que très peu dans l’univers, du moins pour le moment, bien qu’il soit mentionné de temps à autre, là où Lucien apparaît lui-même.

Boule de sang : Troisième roman publié d’Archie. (Oui, les romans d’Archie sont mentionnés, et j’ai envie d’en mettre des extraits dans mon tome 3, mais son style est différent du mien donc… On verra !)

Brûlures : Second roman publié d’Archie.

Carl Griggs : Fils du Chef de la Famille, frère aîné d’Allison et Scarlet.

Céline David : Retraitée. Mère d’Archie, épouse de Patrick et tante de Lucien.

Chef·fe : Titre porté par læ dirigeant·e de la Famille. On peut læ considérer comme un gourou de secte.

Chiens : Figures de guides et de protecteurs tout au long de la trilogie, que l’on rencontre un peu partout et dans toutes les circonstances ! Le premier que l’on croise dans Les Hurlements noyés aide Chuck à s’orienter dans la forêt…

Christopher Ellington : Père de Stacy et Stanley, et veuf de Mary.

Ciel rouge : De son véritable titre Les étoiles brillent-elles toujours dans un ciel rouge ?, ce spin-off est initialement le résultat d’un défi d’écriture, le Christmas Challenge 2019. Recueil de petits chapitres sur le vécu d’Archie avec Eric.

Chuck : Adolescent et membre de la Famille parvenant à s’enfuir au début des Hurlements noyés. Il rejoindra Sheffield avec l’aide de Stanley.

Corbeau rouge : Premier roman publié d’Archie, écrit pendant sa Licence de Lettres.

Daniel : Ami de collège de Stanley.

Diane David : Fille d’Émilie et Lucien, sœur cadette de Léa et jumelle de Lucas. Elle apparaît dans Le Robot ainsi que dans Lucian – elle a alors 4 ans !

Diabolo : Vieux colley des David dans Le Robot.

Éléonore Vallon : Mère de Vicky et Steph, sœur de Roxanne.

Émilie David : Professeure des écoles. Épouse de Lucien. Mère de Léa, Diane et Lucas. Elle apparaît dans Le Robot et dans Lucian.

En pièces : Recueil de petits textes sur Archie, après la fin de sa relation avec Eric. En gros, c’est juste un peu de préparation pour le tome 3.

Eric Audème : Policier et fiancé d’Archie quand commence Les Nuits du Dehors, mais Archie fuira sa violence au bout de huit mois de relation particulièrement traumatisants.

Esther Winters : Petite amie de Freddy dans Les Hurlements noyés.

Famille : Nom donné à la « secte » désormais dirigée par les Griggs et dont Chuck s’échappe dans Les Hurlements noyés.

Flèche : Chiot croisé berger blanc suisse, adopté par Lucien à la fin du Robot. Clin d’œil au Flash de l’univers d’Ophélie Héraux, chiot berger blanc suisse lui-même !

Forêt : La Famille vit dans une forêt mouvante où seule Allison peut s’orienter. Le lieu où la Famille s’arrête devient le centre de la forêt et s’obscurcit peu à peu, masquant le ciel. Sally et Ariane se seraient cependant aidées des constellations pour s’évader…

Freddy Fatherly : Ami de collège de Stanley, il vit en Angleterre avec Esther, sa petite amie, lorsque commence Les Hurlements noyés.

Griggs : Lorsque Les Hurlements noyés débute, la famille Griggs a pris le contrôle de la Famille avec un grand F depuis des années, après avoir évincé les Parkins, leurs rivales. Des Griggs, il ne reste cependant que le Chef, Allison, Carl et Scarlet.

Howie : Chiot, visiblement croisé golden retriever et berger allemand, que Stanley adopte dans Les Pleurs du Vide.

Jackie : Amie de collège de Stanley.

La Tueuse et le Fossoyeur : Quatrième roman publié d’Archie.

Laura Gemmel : Jeune autrice et étudiante que l’on rencontre dans Les Nuits du Dehors. Vit en colocation avec son frère, Arthur.

Léa David : Fille aînée d’Émilie et Lucien, sœur de Diane et Lucas. Elle apparaît dans Le Robot, puis dans Lucian, où elle est alors âgée de 6 ans.

Le Robot : Nouvelle centrée sur Lucien, chronologiquement située quelque part Les Nuits du Dehors et Lucian. [EDIT : Le Robot est désormais non-canon !]

Les Hurlements noyés : Premier tome de la trilogie Stanley n’est pas mort, financé sur Ulule en avril-mai 2021 et publié en novembre-décembre de la même année !

Les Nuits du Dehors : Troisième tome de la trilogie Stanley n’est pas mort, en cours d’écriture au moment où j’écris cette ligne (21/09/2024). Sortie prévue en 2025 !

Les Pleurs du Vide : Deuxième tome de la trilogie Stanley n’est pas mort, financé sur Ulule en octobre-novembre 2022 et sorti le 13 octobre 2023.

Lucas David : Fils d’Émilie et Lucien, frère cadet de Léa et jumeau de Diane (4 ans dans Lucian).

Lucian : Roman post-trilogie centré sur Lucien. Changera probablement de titre un jour, d’autant qu’on suit aussi le début de l’histoire Archie/Doch, en parallèle. [EDIT : Le titre a effectivement changé, les abonnæs de la newsletter le connaissent à l’heure où je vous parle (on est le 20/01/2024) !]

Lucien David : Informaticien, cousin d’Archie, mari d’Émilie, père de Léa, Diane et Lucas, maître de Diabolo puis de Flèche. On le rencontre pour la première fois dans Le Robot, dont il est le personnage principal.

Lumière : Titre et fonction d’Allison Griggs dans Les Hurlements noyés. Le rôle de Lumière consiste à assurer la sécurité de la Famille et le respect des règles, ainsi qu’à prévenir les tentatives de rébellion quelles qu’elles soient.

Mary Ellington : Mère de Stacy et Stanley, et épouse de Christopher.

Mélodie Anglade : Bibliothécaire, et meilleure amie d’Archie depuis l’époque où il travaillait comme bénévole dans une association d’aide aux ados LGBTQIA+. On la découvre dans Le Robot, alors que Lucien la rencontre en ligne.

Mémoires blanches : Nouvelle plus ou moins canon (c’est compliqué) centrée sur Stanley et chronologiquement située entre Les Pleurs du Vide et Les Nuits du Dehors.

Mike : Ami de collège de Stanley.

Nautilus : Vieux golden retriever qu’Ariane avait recueilli avant les événements des Hurlements noyés.

Noah (Peterson) : Personnage apparaissant dans Les Pleurs du Vide, aux côtés de Stanley.

Parkins : Famille (avec un petit f) rivale des Griggs, qui l’ont évincée, et dont il reste Sally et Ariane au début des Hurlements noyés.

Patrick David : Retraité, époux de Céline, père d’Archie, oncle de Lucien et, pour son plus grand déplaisir, frère de Bastien.

Paula Parkins : mère d’Ariane et Sally, décédée au début des Hurlements noyés.

Roxanne Carault : Doctoresse en psychiatrie, médecienne et… compagne de Stanley, au début des Hurlements noyés. Sœur d’Éléonore et tante de Vicky et de feu Stéphane.

Sally Parkins : Ex-membre de la Famille dont elle s’est enfuie avec sa sœur Ariane. On la retrouve alors qu’elle gère un bar à Sheffield, au début des Hurlements noyés.

Sally’s : Pub que tient Sally Parkins à Sheffield et point de repère plus ou moins secret (?) pour les éventuel·les échappæs de la Famille.

Scarlet Griggs : Fille du Chef, sœur cadette de Carl et Allison, et destinée à devenir Cheffe elle-même à la mort de son père.

Sheffield : Ville où tout commence dans Les Hurlements noyés… Il s’agit bien de la Sheffield anglaise, mais dans une version de plus en plus alternative au fil de l’histoire.

Stacy Ellington : Sœur aînée de Stanley.

Stanley Ellington : Personnage principal de la trilogie Stanley n’est pas mort.

Stanley n’est pas mort : Nom de la trilogie officielle comportant, dans l’ordre, Les Hurlements noyés, Les Pleurs du Vide et Les Nuits du Dehors.

Stéphane Vallon : Fils d’Éléonore, neveu de Roxanne et frère aîné de Vicky. Erre dans l’univers de la saga sous forme de fantôme.

Tommy : Frère aîné de Chuck, mentionné dans Les Hurlements noyés.

Trois rues plus loin : Dernier roman publié d’Archie au début des Nuits du Dehors.

Vicky Vallon : Enfant d’Éléonore et adelphe de Stéphane, qu’iel appelle toujours Steph. Iel se genre au féminin jusqu’à ses vingt-trois ans, puis passe progressivement au neutre qu’iel alterne avec le féminin.

Victor Carault : Ex-mari de Roxanne. N’apparaît pas dans l’univers, est uniquement mentionné dans Les Hurlements noyés.

Ce qui est né dans d’autres univers

Précisions : Là, on entre dans le domaine de la création collective, un peu ! J’en ai parlé dans mon article sur le Kraken Writing Club, si ça vous intéresse, mais en très gros : avec d’autres créateurices, nos univers se sont télescopés, et on a fini par partager des personnages et concepts ! On s’est d’abord enjaillæs dans des sides-stories plus ou moins officielles… et, parfois, ça a pris de l’ampleur. Ainsi, Murdoch, par exemple, a fini par se faire une place définitive chez moi, si bien qu’il apparaîtra dans les spin-offs – apparition qui aura droit a un peu de foreshadowing dans Les Nuits du Dehors ! Tout comme celle d’Abby, d’ailleurs…
Finalement, ce croisement plus ou moins palpable des mondes est la suite logique de la trilogie Stanley n’est pas mort, non ?
Chaque personnage cité ci-dessous est listé sous le nom sous lequel vous le retrouverez dans mes écrits, notamment les petites tranches de vie qui apparaissent dans l’Epistula Canis.
À noter que, si ces précisions sont là pour fournir du contexte, chaque histoire que les membres du Kraken Writing Club et invitæs ont pu écrire, chacun·e de son côté, reste indépendante des autres. Il n’est aucun besoin de lire toute la production de notre petit groupe pour suivre chacune des versions de chaque personnage. Mais vous pouvez !

Abigail « Abby » : Personnage de l’univers de Mirabelle Aurea qui la nomme Ash (Aislin Waters). Interne de Murdoch/Murtagh/Teagan à Londres. Compagne de Andrew/Casey et Owyn/Llewelyn.

Andrew : Autre personnage sorti de l’univers de Mirabelle Aurea. Y est né sous le nom de Casey « Kay » Aubry. Apprenti mécanicien et compagnon d’Abigail/Aislin et Owyn/Llewelyn. Archie fait office de figure paternelle pour lui comme pour Abby/Ash – après les événements du tome 3. (Oui, il y aura un spin-off post-trilogie sur Archie, c’est à peu près sûr, à moins que son histoire ne soit racontée dans Lucian… Je vous tiens au courant !)

Desden : Personnage de Pikkulef et ami d’Archie après la trilogie !

John Hook : personnage de Finley (qui porte le prénom de James dans son univers). Détective au Yard, meilleur ami de Murdoch/Murtagh/Teagan et père de Kilian/Ziggy.

Kilian Hook : Personnage de Finley, qui lui donne le nom de Ziggy. Fils de John/James.

Lucas Stewart : Personnage d’Ophélie Héraux auquel Archie est extrêmement attaché. Il est fait allusion à lui dans un chapitre de Ciel rouge.

Murdoch « Doch » O’Malley : Personnage de Finley à l’origine, dans l’univers de qui il porte le nom de Murtagh Foley. Il apparaît aussi dans l’univers de Mirabelle Aurea sous le nom de Teagan. Médecin légiste, mentor d’Abigail/Aislin et grand amour d’Archie ! Il vit à Londres avec ses fantômes, ses collègues et son meilleur ami, John/James Hook.

Orlando : Jeune terre-neuve adopté par Archie, et futur grand copain de Andrew/Casey ! Bien qu’il apparaisse dans Les Nuits du Dehors, il est au départ né de l’imagination de Finley, l’auteur de Murdoch/Murtagh. Tag a littéralement présenté Orly à Archie en RP !

Owyn : Personnage de Mirabelle Aurea. Porte le nom de Llewelyn « Lou » Sage dans son univers. Travaille dans un musée d’histoire naturelle et vit avec Abigail/Aislin et Andrew/Casey.

L’article Stanley n’est pas mort : lexique exhaustif de l’univers est apparu en premier sur Malone Silence.

]]>
791